Etats-Unis : à deux mois des élections de mi-mandat, Joe Biden met la démocratie (et Trump) dans la balance

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Cinglant et optimiste, lucide et idéaliste : Joe Biden a tenu un discours offensif, jeudi 1er septembre, à Philadelphie, pour appeler ses compatriotes, au-delà de leurs différences, à défendre la démocratie américaine. A deux mois des élections de mi-mandat, le président a pris pour cible les « républicains MAGA » (acronyme de « Make America Great Again », le slogan de Donald Trump), qui, selon lui, ne représentent pas une majorité au sein de cette formation historique. « Il est évident que le Parti républicain est dominé, piloté et intimidé » par cette frange et par l’ancien président, a estimé Joe Biden, appelant pour une fois ce dernier par son nom. « Ils vivent non pas dans la lumière de la vérité mais dans l’ombre des mensonges. »

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Dans le dos du président, outre le drapeau américain et les Marines en faction, une lumière rouge inquiétante éclairait les murs en briques de l’Independence Hall, le bâtiment où furent adoptées la déclaration d’indépendance et la Constitution américaine. Comme si le feu léchait déjà les fondations de la démocratie. « Les forces MAGA sont décidées à ramener ce pays en arrière, a dit Joe Biden. En arrière, vers une Amérique sans le droit de choisir, sans le droit à la vie privée, sans le droit à la contraception, sans le droit de se marier avec la personne que vous aimez. Ils promeuvent des leaders autoritaires et attisent les flammes de la violence politique. »

Dans son discours inaugural, le 20 janvier 2021, Joe Biden évoquait déjà la fragilité de la démocratie américaine et la nécessité d’agir pour « restaurer l’âme et assurer le futur de l’Amérique ». Il citait aussi « la montée de l’extrémisme politique, le suprémacisme blanc, le terrorisme intérieur ». Mais au cours des dix-huit mois suivants, le président s’est surtout concentré sur des projets législatifs de nature socio-économique, comme s’ils suffisaient à restaurer une normalité dans la vie publique. Le constat dramatique établi jeudi soir est aussi, en creux, celui d’un séparatisme américain, du détachement profond d’une frange de la population, focalisée sur des questions identitaires, intoxiquée par des mensonges de destruction massive sur les supposées fraudes électorales en 2020 ou les vaccins.

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« Demi-fascisme »

A l’approche des élections de mi-mandat, Joe Biden a décidé de ne pas seulement revendiquer les bonnes nouvelles récentes, sur le front législatif et celui de l’économie. Malgré sa popularité vacillante, il a choisi de se placer à la tête de l’offensive contre la base républicaine acquise à Trump et aux théories conspirationnistes. Il s’agit à la fois de mobiliser la base démocrate, de sensibiliser les indécis à l’ampleur des enjeux, et, enfin, de renverser la nature même de ce vote. Historiquement, les « midterms » expriment l’adhésion ou le rejet à l’égard de toute administration en place depuis deux ans. Mais Joe Biden veut y ajouter une dimension référendaire : pour ou contre Trump, qui se trouve dans la tourmente judiciaire depuis la perquisition à son domicile de Mar-a-Lago, le 8 août.

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