Entre la Grèce et la Turquie, les tensions s’accentuent

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Il y a les invectives, une grande nervosité, des plaies historiques et rien pour calmer la tension croissante. Pas un jour, ou presque, ne se passe sans des échanges de coups bas entre la Turquie et la Grèce, repris par les chaînes d’information des deux pays où experts militaires et diplomatiques débattent en boucle des risques de conflit. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est connu pour ses sorties abruptes et ses attaques musclées. Ses cibles sont nombreuses et aléatoires, mais elles semblent se concentrer ces derniers mois avec une rigueur toute particulière sur le gouvernement grec et son premier ministre, Kyriakos Mitsotakis.

« Pour moi, une personne du nom de Mitsotakis n’existe plus à partir de maintenant », a ainsi asséné l’homme fort d’Ankara, fin mai. « Je n’accepterai jamais de le revoir », a-t-il promis, avant de qualifier son homologue de « malhonnête ». A Prague, le 6 octobre, à la veille d’un sommet européen informel, le premier ministre grec a quitté le dîner officiel pendant le discours du président turc. Ce dernier a alors menacé la Grèce en reprenant une vieille chanson de Rüstü Sardag : « Je peux venir soudainement une nuit. » Des paroles largement diffusées sur les ondes radiophoniques turques au moment de l’intervention militaire à Chypre en 1974.

8 880 violations de l’espace aérien grec

Ces échanges verbaux sont accompagnés de bruits de bottes et de manœuvres militaires. Jamais le rythme des patrouilles turques survolant le territoire grec n’avait atteint ce niveau d’intensité. Selon le ministère de la défense à Athènes, entre janvier et octobre, 8 880 violations de l’espace aérien grec par des avions et drones turcs ont été enregistrées, contre 2 744 en 2021, et à peine quelques centaines les années précédentes. « Quand autant d’avions de chasse survolent une zone si restreinte, la possibilité d’un accident est bien réelle », avertit Periklis Zorzovilis, président de l’Institut grec des analyses en défense et sécurité.

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Sur le terrain, des chars allemands – en remplacement de ceux envoyés par la Grèce en Ukraine –, ont été alignés à la frontière gréco-turque. Des deux côtés du fleuve frontière Evros, l’état d’alerte est quasi permanent. Une atmosphère bien éloignée de celle de la période de détente observée entre la Turquie et la Grèce jusqu’en mars, quand MM. Mitsotakis et Erdogan avaient déjeuné sous les ors du palais du sultan ottoman Vahdettin, à Istanbul, se promettant alors de coopérer davantage dans le cadre de la guerre en Ukraine.

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