En tournée en Asie, Olaf Scholz affiche sa volonté de peser davantage dans la région

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Pour Olaf Scholz, les déplacements en Asie se suivent mais ne se ressemblent pas. Dix jours après sa visite controversée à Pékin, le chancelier allemand était de retour en Extrême-Orient, du samedi 12 au mercredi 16 novembre, pour une tournée qui avait un objectif : rappeler qu’aux yeux de Berlin « la région Asie-Pacifique est beaucoup plus que la Chine ».

Lâchée par M. Scholz à l’occasion de la 17e Conférence Asie-Pacifique de l’économie allemande, lundi 14 novembre, à Singapour, cette phrase résume les ambitions nouvelles de l’Allemagne dans une zone du globe qu’elle a longtemps négligée. Pendant ses seize années de mandat (2005-2021), Angela Merkel s’est rendue douze fois en Chine, mais seulement une fois à Singapour, au Vietnam et en Indonésie. En visitant ces trois pays moins d’un an après son arrivée au pouvoir, son successeur tenait à rééquilibrer les choses. Fin avril, déjà, c’est à Tokyo – et non à Pékin – qu’il avait fait son premier déplacement en Asie en tant que chancelier.

« Participer à la dynamique de croissance de l’Asie »

En réalité, la volonté de l’Allemagne de peser davantage dans la région ne date pas de l’élection d’Olaf Scholz. En septembre 2020, le gouvernement allemand avait publié un document stratégique de 72 pages intitulé « Lignes directrices pour l’Indo-Pacifique », dans lequel on pouvait notamment lire : « Avec l’essor de l’Asie, le poids économique et politique de la zone Indo-Pacifique gagne de plus en plus en importance. Cette région est en train de devenir la clé de la définition de l’ordre international au XXIe siècle. (…) En tant que nation commerciale de niveau mondial, l’Allemagne – au sein de l’Union européenne – a tout intérêt à participer à la dynamique de croissance de l’Asie et à la structuration de l’Indo-Pacifique. »

Deux ans plus tard, la guerre en Ukraine a donné un coup d’accélérateur aux ambitions de Berlin dans la région. En prenant conscience des difficultés dans lesquelles elle s’est mise en se rendant ultra-dépendante au gaz russe, l’Allemagne est désormais décidée à ne pas répéter la même erreur avec la Chine, sans aller pour autant jusqu’à un « découplage » vis-à-vis de cette dernière, devenue, en 2015, son premier partenaire commercial, devant la France et les Etats-Unis.

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« Nous sommes contre le découplage de la Chine dans l’économie mondiale parce que nous sommes profondément convaincus que la mondialisation a apporté beaucoup de progrès et de richesses. Mais nous devons être clairs sur le fait que la mondialisation signifie ne pas regarder vers un seul pays », a ainsi déclaré Olaf Scholz, lors d’une conférence de presse, lundi, à Singapour. « Nous cherchons à diversifier nos sources d’approvisionnement pour trouver les matières premières et les produits industriels dont nous avons besoin », a-t-il ajouté.

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