En Malaisie, difficiles négociations en vue de la formation d’un gouvernement

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Deux jours après les élections législatives du 19 novembre, la Malaisie et ses 33 millions de citoyens n’ont pas de premier ministre : aucune des trois grandes coalitions en lice n’a en effet obtenu la majorité nécessaire de 112 sièges (sur les 222 que compte le Parlement) pour l’emporter. Les prétendants au pouvoir devaient soumettre d’ici à lundi après midi au roi Abdullah – l’un des neuf sultans issus des Etats de la Fédération de Malaisie, qui se succèdent tous les cinq ans – une liste de parlementaires capables de constituer une majorité. En vain : ce délai a été rallongé de 24 heures, signe que les négociations sont difficiles.

Après deux ans d’une gestion contestée du Covid-19 et de retournements d’alliance qui ont vu tomber deux gouvernements, les élections de samedi étaient d’abord marquées par une extension de l’électorat : 6 millions d’électeurs, soit 40 % de plus qu’en 2018 (lors des dernières législatives), étaient appelés à se rendre aux urnes à la suite de l’abaissement de l’âge limite du vote de 21 à 18 ans et à l’adoption d’un système d’enregistrement automatique des inscriptions. La participation a été de 74 %, inférieure toutefois à celle de 2018.

Contre toute attente, le Barisan Nasional, la coalition organisée autour de l’Organisation nationale de l’unité des Malais (UMNO), qui a terminé en troisième position avec 30 sièges – le score le plus mauvais de son histoire –, est devenue l’arbitre de la reconfiguration en cours. Son ralliement pressenti à la coalition de l’espoir (Pakatan Harapan), menée par le chef historique de l’opposition, Anwar Ibrahim, détentrice du plus grand nombre de sièges (82), semble en apparence contre-nature : Pakatan Harapan a mené campagne sur les affaires de corruption de l’ancien parti au pouvoir. Elle n’a cessé de dénoncer en Najib Razak, l’ancien premier ministre condamné à douze ans de prison en août 2022 à la suite du scandale du fonds souverain 1MDB, et en l’actuel président de l’UMNO, Zahid Hamidi, sur lequel pèsent plusieurs dizaines d’accusations de corruption, une « clique des tribunaux » qui cherche par tous les moyens à être, pour le premier, amnistié, et pour le second, disculpé.

49 sièges pour le Parti islamique malaisien

L’UMNO a en outre été chassée du pouvoir pour la première fois en 2018, après soixante ans de règne sans partage sur la politique malaisienne, par le Pakatan Harapan. Le nouveau gouvernement, dirigé alors par l’ancien numéro un malaisien Mahathir Mohamad, revenu au pouvoir à 92 ans, a passé un certain nombre de réformes avant de perdre la main 22 mois plus tard au profit de transfuges emmenés par Muhyiddin Yassin, soutenus par l’UMNO. Un an après, ce dernier allait se voir contraint de céder le pouvoir à son partenaire de coalition revenu aux affaires avec, pour premier ministre, une figure réputée intègre de l’UMNO : Ismail Sabri Yaakob.

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