En Malaisie, Anwar Ibrahim nommé premier ministre

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Anwar Ibrahim, le réformiste qui était jusqu’à présent le principal chef de l’opposition, est nommé « dixième premier ministre de Malaisie », a fait savoir le palais royal jeudi 24 novembre, mettant fin à une longue incertitude après les législatives de samedi qui n’avaient donné la majorité à aucun parti.

M. Anwar réalise ainsi à 75 ans son rêve de devenir premier ministre, qu’il caresse depuis un quart de siècle et qui couronne une carrière politique mouvementée. Pakatan Harapan (« Alliance de l’espoir »), la coalition réformiste multiethnique qu’il mène, a obtenu le meilleur résultat aux élections législatives, samedi, remportant 82 sièges. Mais elle reste loin de la majorité absolue, dans un Parlement de 222 sièges.

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Le roi de Malaisie, le sultan Abdullah Ahmad Shah, avait convoqué mercredi au palais M. Anwar et l’ancien premier ministre, Muhyiddin Yassin. Sa formation, Perikatan Nasional (« Alliance nationale »), soutenue par le Parti islamique pan-malaisien (PAS), qui prône une application stricte de la charia, est arrivée deuxième aux élections avec 73 sièges. Selon M. Muhyiddin, le souverain avait demandé aux deux hommes de former un « gouvernement d’unité ». Le roi de Malaisie a le pouvoir discrétionnaire de nommer un premier ministre dont il pense qu’il a le soutien de la majorité des députés.

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Anwar Ibrahim avait aussi commencé, lundi, des tractations avec la formation jusqu’à présent au pouvoir, Barisan Nasional. Menée par l’ Organisation nationale de l’unité des Malais (UMNO), cette formation est arrivée loin derrière avec 30 sièges, son plus mauvais résultat électoral depuis l’indépendance du pays, en 1957.

Succession de trois premiers ministres en quatre ans

La Malaisie, majoritairement musulmane mais qui comprend également d’importantes minorités chinoise et indienne, est une monarchie constitutionnelle dotée d’un système unique de rotation du trône tous les cinq ans entre les souverains des neuf Etats malaisiens.

Depuis quatre ans, le pays est secoué par des turbulences politiques et une valse des gouvernements, qui ont conduit trois premiers ministres à se succéder en quatre ans. Après plus de soixante ans aux commandes, l’UMNO a été lourdement sanctionnée dans les urnes et évincée du pouvoir en 2018, marquant la première alternance de l’histoire du pays.

Le premier ministre de l’époque, Najib Razak, impliqué dans le détournement de plusieurs milliards de dollars du fonds souverain 1MDB, purge actuellement une peine de douze ans de prison.

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L’UMNO était revenue aux affaires avec une faible majorité en 2021. C’est dans l’espoir de renforcer son emprise sur le pouvoir que le premier ministre Ismail Sabri Yaakob a dissous le Parlement et convoqué des élections anticipées, initialement prévues en septembre 2023. Mais l’UMNO pâtit toujours de son association avec la vaste affaire de corruption 1MDB, un fonds qui devait contribuer au développement du pays.

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Le Monde avec AFP

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