EN IMAGES. Au Pakistan, les pluies de mousson font plus de 1 000 morts et ravagent des régions entières

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Des pluies diluviennes, meurtrières et dévastatrices. Au Pakistan, la mousson, qui a débuté au mois de juin, a provoqué des inondations et des glissements de terrain à travers tout le pays, bouleversant la vie de plus de 33 millions de Pakistanais. Les intempéries ont déjà coûté la vie à plus de 1 000 personnes, selon le dernier bilan de l’Autorité nationale de gestion des catastrophes (NDMA). Des véhicules, des bâtiments et des ponts ont été emportés par les flots.

Un nombre historiquement élevé de victimes

La mousson de cette année est exceptionnellement meurtrière, et fait craindre aux autorités un scénario comparable aux inondations de 2010, qui avaient ravagé un cinquième du pays. D’après un décompte officiel publié samedi 27 août (document en anglais), 1 033 personnes sont mortes noyées ou piégées dans des bâtiments effondrés depuis le milieu du mois de juin. Parmi elles, 348 enfants ont été retrouvés morts.

Des habitants d'un village évacuent une zone inondée de la province du Sindh (Pakistan), le 25 août 2022. (CHINE NOUVELLE/SIPA / XINHUA)

A titre de comparaison, la mousson avait causé la mort d’un peu plus de 160 personnes en 2021, selon un bilan (document en anglais) du Centre asiatique de réduction des désastres (ADRC). En 2010, près de 2 000 personnes avaient été tuées par ces pluies saisonnières.

Cette année, le phénomène a déjà contraint plus de 3 millions de personnes à quitter leur domicile et causé la mort de 710 000 animaux d’élevage, selon la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC).

Des familles réfugiées sur le bord d'une route de la ville de Peshawar, dans le nord du Pakistan, le 27 août 2022. (MUHAMMAD SAJJAD/AP/SIPA / SIPA)

Des maisons, des routes et des ponts emportés par les inondations

Le bilan matériel est, lui aussi, très lourd, avec la destruction d’un demi-million de maisons à travers tout le pays, comme le déplore le Croissant-Rouge pakistanais. “La situation empire de jour en jour, a alerté samedi Abrar Ul-Haq, président de l’organisation. Les pluies torrentielles ont sévèrement restreint les transports et la circulation. La menace du Covid-19 et les dommages causés aux véhicules (…) rendent quasi impossible le travail d’aide d’urgence.” Au total, ce sont des milliers de kilomètres de route qui ont été détruits ou restent impraticables. Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateur filmées dans le district de Swat, dans le nord du Pakistan, montrent la puissance des flots et l’étendue des dégâts.

D’après les médias régionaux, l’alerte donnée dans certains districts 24 heures avant la montée des eaux a permis à des dizaines de milliers de Pakistanais de se réfugier dans des endroits plus sûrs, comme des écoles, des universités et aux abords de bâtiments officiels. Depuis le 26 août, le pays est en état d’urgence nationale et l’armée pakistanaise a été mobilisée pour aider les sinistrés. 

Des habitants d'un village de la vallée de Swat, dans le nord du Pakistan, ramassent du bois près d'une maison endommagée par les inondations, le 28 août 2022. (ABDUL MAJEED / AFP)

L’aide humanitaire compte désespérément sur les appels aux dons

Alors que le pic de crue semblait avoir été atteint dimanche, l’heure est aux opérations de déblayage et de mise à l’abri des populations. L’Autorité nationale de gestion des catastrophes distribue des tentes, des bâches, des moustiquaires et des kits d’hygiène dans les provinces de Sindh et du Balouchistan notamment, dans le sud du pays, qui comptent parmi les plus touchées. Dans les camions surchargés de la NDMA se trouvent également des gilets de sauvetage, car la mousson n’est pas terminée et risque encore de faire des victimes. 

Pour mener leurs opérations, les associations et  les autorités ont multiplié les appels aux dons. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a créé son propre fonds d’aide d’urgence auquel tous les citoyens peuvent contribuer, notamment les Pakistanais de l’étranger. “L’ampleur de la catastrophe est plus grande que prévu”, a-t-il écrit sur Twitter le 27 août, au retour d’une zone inondée. Après une terrible sécheresse et cet épisode de mousson meurtrier, le spectre de la faim plane désormais sur certaines provinces du pays, où plantations et stocks de denrées ont parfois été complètement détruits par les pluies diluviennes.

Des militaires distribuent de la nourriture aux sinistrés à Hyderabad (sud du Pakistan), le 27 août 2022. (PERVEZ MASIH / AP / SIPA)

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