En Grèce, une enquête pour maltraitance et violences sexuelles sur mineurs ouverte contre les dirigeants d’une ONG orthodoxe

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Depuis quelques jours, la Grèce est sous le choc après l’ouverture, par le parquet, d’une enquête sur plusieurs dirigeants de l’ONG orthodoxe Kivotos Tou Kosmou/Ark of the World (« l’arche du monde ») pour violences sexuelles et mauvais traitements envers des mineurs hébergés dans cinq foyers à travers le pays. Fondée et dirigée depuis près de vingt-cinq ans par le père Antonios Papanikolaou, l’ONG recueille des enfants séparés de familles se trouvant dans l’incapacité financière de les élever ou accusées de maltraitance.

L’affaire commence au mois d’août, lorsqu’un travailleur social d’un foyer dépose plainte contre un autre employé de l’ONG qui « a tabassé », selon ses dires, des mineurs. D’autres collègues ont ensuite dénoncé des violences similaires. Mais ce sont surtout les témoignages d’enfants maltraités recueillis par le Défenseur des droits des enfants qui ont déclenché l’ouverture d’une enquête par le parquet, vendredi 18 novembre. Le procureur étudie pour l’instant au moins dix dépositions qui accusent de maltraitance le père Antonios, sa femme (les prêtres orthodoxes peuvent être mariés) et trois employés de l’ONG.

Enfermés « dans des cages »

Dans les médias grecs, les confessions des mineurs passés par les établissements sont glaçantes. Plusieurs d’entre eux affirment, dans les colonnes du journal Kathimerini, que, lorsqu’ils étaient punis par les responsables du foyer, ils étaient enfermés pendant plusieurs heures dans des chambres ou même « dans des cages » sans lumière du jour. Une autre pensionnaire raconte avoir été obligée de travailler dans les champs dès l’âge de 7 ans. Plusieurs parents se sont plaints d’avoir été interdits de toute visite par l’organisation. A 17 ans, Evgenia raconte aussi, sur la chaîne de télévision Skai TV, être tombée enceinte et avoir été forcée à avorter. Séparée de ses trois frères et sœurs, elle sera régulièrement enfermée dans les toilettes plusieurs heures « pour être punie ».

Aux mauvais traitements infligés aux enfants s’ajoutent de graves accusations de violences sexuelles, après une plainte déposée par un jeune homme de 19 ans et corroborée par un témoin contre le père Antonios.

Le gouvernement grec a décidé de réagir rapidement. Après un conseil des ministres lundi, il a décidé de remplacer l’administration de l’ONG. « Les plaintes qui ont été faites de comportements abusifs sont très sérieuses, mais, jusqu’à ce que l’enquête soit terminée, nous devons assurer le bon fonctionnement des structures », a déclaré la ministre adjointe à la protection sociale, Domna Michailidou, justifiant que les foyers ne ferment pas complètement.

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