En Centrafrique, un Français accusé d’espionnage entame une grève de la faim

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Un Français arrêté il y a seize mois en possession d’armes de guerre en Centrafrique, où il est accusé d’espionnage, a entamé dimanche 11 septembre une grève de la faim pour dénoncer sa « détention illégale », ont affirmé sa sœur et son avocate à l’AFP. Juan Rémy Quignolot, interpellé le 10 mai 2021 à Bangui, est notamment accusé d’« atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat », « complot » et « espionnage », dans un contexte de tensions persistantes entre Paris et Bangui.

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« Il sera jugé lors de la prochaine session criminelle, en octobre », a expliqué à l’AFP Eric Didier Tambo, procureur général près la Cour d’appel de Bangui, sans s’exprimer quant à son maintien en détention au-delà du délai légal d’un an. Son avocate, Arlette Sombo Dibelé, dénonce une « détention provisoire » qui s’apparente à une « séquestration », assurant qu’aucune ordonnance motivée de maintien en détention n’a été notifiée.

Ancien militaire et garde du corps

M. Quignolot a entamé une grève de la faim « jusqu’au bout » pour « protester contre l’inertie de son propre pays, la violation de ses droits et de la loi centrafricaine », a affirmé au téléphone, depuis la France, sa sœur Caroline Quignolot. « Il cesse de s’alimenter dans un premier temps, puis, dans quinze jours, si rien n’a changé, il cessera également de s’hydrater », a-t-elle ajouté. Ni le gouvernement ni le procureur, sollicités par l’AFP, n’ont répondu dimanche après-midi sur le début effectif d’une grève de la faim de M. Quignolot.

Celui-ci, ancien militaire français, avait travaillé ponctuellement pour plusieurs organisations en Centrafrique comme garde du corps, selon des sources humanitaires. Des photos de son arrestation avaient été diffusées sur les réseaux sociaux, le montrant les mains liées dans le dos, un important arsenal à ses pieds. Le gouvernement l’avait alors accusé de détenir chez lui « une énorme quantité d’armes de guerre ».

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Paris avait alors dénoncé cette médiatisation comme une « instrumentalisation manifeste » visant « la présence et l’action de la France », accusant implicitement la Russie, qui, depuis 2018, défie son influence dans ce pays parmi les plus pauvres du monde. L’Assemblée nationale ayant aboli la peine de mort en mai, M. Quignolot risque les travaux forcés à perpétuité.

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Le Monde avec AFP

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