En Algérie, 49 accusés condamnés à mort pour un lynchage en Kabylie

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Un tribunal algérien a condamné à mort, jeudi 24 novembre, 49 personnes pour le lynchage en 2021 en Kabylie d’un homme accusé à tort de pyromanie, mais ces peines devraient être commuées en prison à vie en raison d’un moratoire sur les exécutions, a rapporté l’agence officielle algérienne APS.

Les accusés ont été reconnus coupables du lynchage de Djamel Bensmaïl, qui s’était porté volontaire dans le village de Larbaa Nath Irathen, dans la préfecture de Tizi Ouzou (nord-est), pour aider à éteindre les feux de forêt qui avaient fait 90 morts en moins d’une semaine en août 2021.

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Les médias avaient dans un premier temps fait état de 48 condamnations à la peine capitale, mais selon l’agence officielle, il s’agit bien de 49.

Si la peine de mort est bien prévue par le Code pénal en Algérie, elle n’est plus appliquée en vertu d’un moratoire en vigueur depuis 1993.

Les accusés, qui comparaissaient devant le tribunal de Dar Al-Beida, dans la banlieue est d’Alger, étaient poursuivis notamment pour « actes terroristes et subversifs contre l’Etat et l’unité nationale » et « homicide volontaire avec préméditation », selon l’accusation. Vingt-huit autres prévenus poursuivis dans le cadre de cette affaire ont été condamnés à des peines allant de deux à dix ans de prison et 17 autres ont été acquittés.

Brûlé vif

Après avoir entendu qu’on le soupçonnait d’avoir allumé le feu à la forêt, Djamel Bensmaïl, qui était âgé de 38 ans, s’était rendu à la police. Des images relayées par les réseaux sociaux avaient montré la foule entourant le fourgon de police et extirpant l’homme du véhicule après l’avoir frappé. Djamel Bensmaïl avait ensuite été battu puis brûlé vif tandis que des jeunes prenaient des selfies devant le cadavre.

A l’époque des faits, qui avaient soulevé une vague d’indignation dans tout le pays, les images du lynchage devenues virales étaient commentées notamment via le hashtag #JusticePourDjamelBenIsmail.

Amnesty International avait appelé les autorités à « envoyer un message clair que cette violence ne sera pas tolérée ».

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La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) avait jugé pour sa part que « les scènes du lynchage et de l’immolation du présumé pyromane, alors qu’il s’agissait d’un jeune artiste venu prêter main-forte aux sinistrés sont choquantes ».

Le père de la victime, Noureddine Bensmaïl, admirablement digne, avait été salué comme un héros national après avoir appelé au calme et à la fraternité entre Algériens.

Des extraits des vidéos diffusées par les accusés sur les réseaux sociaux, montrant des détails du crime, ont été projetés lors du procès qui s’était ouvert mardi. Ces images montrent le lynchage de Djamel Bensmaïl, brûlé vif et dépouillé de ses objets personnels, notamment son téléphone portable.

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Le Monde avec AFP

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