En 1978, une bande de « bras cassés » kidnappe la fille de Calvin Klein

0
99

Faut-il être inconscient ou chevronné pour oser enlever, en plein jour, la fille unique du célèbre styliste Calvin Klein ? Disons inconscient. Le « cerveau » du kidnapping, qui se déroule le 3 février 1978 à New York, est Dominique Ransay, un gamin de 19 ans qui élabore un schéma d’action baptisé « 55 days plan » : pendant près de deux mois, il étudie le trajet quotidien de Marci Klein, alors âgée de 11 ans, repère le bus qu’elle prend pour se rendre à la Dalton School, un collège huppé de Manhattan, ainsi que les habitudes et activités de son père, planquant des heures devant son immeuble situé dans l’Upper East Side.

L’idée farfelue surgit chez le postadolescent, originaire de la Martinique et plongeur occasionnel au restaurant La Potagerie, sur la VAvenue, en découvrant une photo publiée dans un magazine espagnol. Il y voit sa demi-sœur, Paule Ransay, à côté de Calvin Klein, accompagnant la petite Marci et ses camarades de classe à la première de la comédie musicale Beatlemania, à Broadway. « Mais tu côtoies des gens riches et célèbres ! », aurait déclaré Dominique à Paule. A 24 ans, cette dernière, serveuse dans le même établissement que son frère, est aussi l’une des baby-sitters d’appoint de Marci. L’idée est simple : kidnapper la fillette et réclamer 100 000 dollars de rançon à son paternel. L’indispensable Paule est enrôlée dans la combine.

Un appartement de Harlem

Si, à l’époque, Calvin Klein n’a pas encore bâti l’empire qui a fait son nom, il est sur la bonne voie. « A la fin des années 1970, il est, avec Ralph Lauren et Donna Karan, l’un des créateurs de mode les plus en vue de New York. Il est aussi une personnalité connue de tous. On le voit au Studio 54, la boîte de nuit incontournable de New York, et dans les pages people des magazines. Il incarne pour beaucoup la réussite et le rêve américain », explique Nancy Deihl, historienne de la mode américaine et professeure à l’université de New York.

« Il a d’abord cru à une blague de mauvais goût. Et puis il a appris que Marci manquait effectivement à l’appel à l’école » – Steven Gaines, biographe de Calvin Klein

Le matin du 3 février, chacun son rôle. Paule récupère Marci à l’arrêt de son bus scolaire, près du domicile de sa mère, Jayne Centre Klein, séparée de son mari depuis quatre ans. Elle persuade la petite fille de la suivre en lui faisant croire que son père, malade, la réclame à l’hôpital. On imagine l’émoi de l’enfant, d’autant qu’elle constate vite que le taxi ne prend pas la direction d’un quelconque hôpital, mais se rend à l’appartement de Paule, dans le quartier de Harlem, au nord de Manhattan. Marci est bâillonnée et séquestrée dans une chambre par le troisième membre de l’équipe, Cecil Wiggins, un ami de Dominique. Elle peut aussi voir Paule jouer les victimes, prétendant être, elle aussi, otage d’un gang.

Il vous reste 64.93% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici