dernier jour des vastes manœuvres militaires chinoises autour de l’île

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La Chine bouclait dimanche 7 août ses plus grandes manœuvres militaires jamais menées autour de Taïwan, qui furent une réaction de colère à la visite de la représentante de la Chambre des députés des Etats-Unis, Nancy Pelosi, sur l’île. Ce déplacement a fait plonger les relations entre Pékin et Washington au plus bas depuis des années.

Numéro trois des Etats-Unis, Mme Pelosi a déclenché la fureur de la Chine avec sa visite mardi et mercredi, la plus importante d’un élu américain à Taïwan en vingt-cinq ans. Pékin a réagi en suspendant une série de discussions et de coopérations bilatérales sino-américaines, en particulier dans les domaines de la lutte contre le changement climatique et de la défense.

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En réaction, l’armée chinoise a déployé avions de chasse, navires de guerre et missiles balistiques. Les analystes considèrent cette manœuvre comme une simulation de blocus et d’invasion de Taïwan.

Dimanche, l’armée a mené « des exercices pratiques conjoints en mer et dans l’espace aérien entourant l’île de Taïwan », a précisé le commandement est de l’armée chinoise, qui chapeaute l’espace maritime oriental du pays – et, donc, Taïwan. Ces exercices visaient à « tester la puissance de feu conjointe sur le terrain et les capacités de frappe aérienne à longue portée », a-t-il ajouté.

Le ministère de la défense taïwanais a confirmé que la Chine avait envoyé « des avions, des navires et des drones » autour du détroit, « pour simuler des attaques contre l’île principale de Taïwan et contre des bateaux dans nos eaux ».

Six des sept « zones temporaires de danger » levées

Ces vastes manœuvres devaient s’achever à la mi-journée, même si Pékin compte mener de nouveaux exercices « à tir réel » jusqu’au 15 août dans la mer Jaune, qui sépare la Chine de la péninsule coréenne.

Le ministère des transports taïwanais a annoncé qu’à midi six des sept « zones temporaires de danger » que la Chine avait demandé aux compagnies aériennes d’éviter étaient revenues à la normale, ce qui indique que les exercices touchaient à leur fin. « Les vols et navigations concernés peuvent reprendre progressivement », a-t-il précisé dans un communiqué. La septième zone, dans les eaux à l’est de Taïwan, restera à éviter jusqu’à lundi matin, selon la même source. Côté chinois, le ministère de la défense n’a pas répondu à une demande de confirmation de la fin des manœuvres.

Pour prouver à quel point elle s’était approchée des côtes taïwanaises, l’armée chinoise a publié samedi une photo, prise selon elle depuis l’un de ses navires militaires, où l’on voit un bâtiment de la marine taïwanaise à quelques centaines de mètres seulement. Ce cliché pourrait être le plus proche du littoral taïwanais jamais pris par les forces de Chine continentale. L’armée chinoise a également publié la vidéo de l’un de ses pilotes d’avion de chasse montrant, depuis son cockpit en plein vol, le littoral et les montagnes de Taïwan. Selon la télévision publique chinoise CCTV, des missiles ont survolé Taïwan cette semaine durant les exercices autour de l’île – ce qui constituerait une première.

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Taipei n’a cessé de condamner ces manœuvres ces derniers jours, fustigeant son « voisin malveillant » et appelant Pékin samedi à « arrêter immédiatement de faire monter la tension et de mener des actions provocatrices visant à intimider le peuple taïwanais ».

L’ampleur des manœuvres et la décision de Pékin de se retirer de dialogues bilatéraux cruciaux sur le climat et la défense ont déclenché une pluie de condamnations par les Etats-Unis et leurs alliés.

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a dénoncé samedi à Manille la « disproportion totale » de la réaction chinoise. La Chine ne devrait pas prendre en « otage » les discussions sur des questions telles que le changement climatique, car cela « ne punit pas les Etats-Unis, mais le monde entier », a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a quant à lui prévenu qu’il « est impossible de résoudre les problèmes les plus pressants dans le monde sans un dialogue et une coopération efficaces entre les deux pays ».

Le Monde avec AFP

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