découvrez en carte l’évolution de l’abstention depuis 2017 et entre les deux tours

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INFOGRAPHIE – Ce scrutin, le quatrième en deux mois après la présidentielle, a été boudé par les Français alors qu’une partie du pays subissait une vague de chaleur inédite.

Les Français ont, encore une fois, boudé les isoloirs. L’abstention premier parti de France s’est, dimanche 19 juin, date du second tour des législatives, une nouvelle fois confirmé. Elle atteint 54% selon les estimations publiées par les instituts de sondage. Quelque 26,3 millions de Français, et plus d’un électeur sur deux, ont donc une nouvelle fois boudé les urnes, comme la semaine passée où un record pour un premier tour avait été enregistré (52,49%).

À midi, et ce alors que le pays affrontait une vague de chaleur inédite, le taux de participation, pour la France métropolitaine, s’élevait à 18,99% selon le ministère de l’Intérieur, en très légère progression (+0,56%) par rapport au premier tour il y a une semaine mais aussi par rapport au second tour en 2017, où elle atteignait 17,75%. À 17 heures, la participation atteignait 38,11% dimanche, en baisse de 1,31% par rapport au premier tour, il y a une semaine, où elle s’établissait à 39,42 %. Elle est en revanche en hausse par rapport au second tour des législatives de 2017 où elle atteignait 35,33% à la même heure.

Législatives 2022 : vers un nouveau record d’abstention

Silencieux, au soir et au lendemain du premier tour des législatives, Emmanuel Macron a exhorté mardi les Français à «donner une majorité solide» au pays au nom de «l’intérêt supérieur de la Nation», depuis l’aéroport d’Orly où il s’envolait pour la Roumanie et la Moldavie. Et de prévenir :«rien ne serait pire que d’ajouter un désordre français au désordre mondial», appelant à porter «avec force et fermeté la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité». Le chef de l’État n’a clairement pas été entendu. La majorité présidentielle arrive certes en tête au second tour des élections législatives mais très loin de la majorité absolue et doit faire face à la forte percée de la gauche unie et aussi du Rassemblement national.

2017 et 2022 : découvrez l’évolution de l’abstention

Pour le premier tour du scrutin, l’abstention a été particulièrement forte, selon les sondeurs, chez les 18-24 ans (69%) et les 25-34 ans (71%). Elle est restée au-dessus de la moyenne chez les 35-49 ans (59%), tandis que les 50-59 ans sont 52% à avoir fait la grève des urnes.

Elle a progressé dans environ quatre circonscriptions sur cinq, principalement dans l’Ouest (Pays de la Loire, Bretagne), dans les circonscriptions du Nord, dans l’Ouest parisien et dans les Bouches-du-Rhône. En Ile-de-France, l’abstention a été particulièrement forte dans le Val-d’Oise (57%) et en Seine-Saint-Denis (61%). Dans ce département, le plus pauvre de la France métropolitaine, elle dépasse les 70% dans certaines communes comme Clichy-sous-Bois, où moins d’un électeur sur quatre est allé voter. Un pourcentage que l’on retrouve également dans les territoires d’outre-mer qui enregistrent la participation la plus faible. L’abstention dépasse les 70% en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane.

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C’est du côté de Marine Le Pen (52%) que l’on compte le plus d’abstentionnistes, suivi par Jean-Luc Mélenchon (50 %), tandis que les électorats d’Emmanuel Macron et Valérie Pécresse se sont davantage déplacés aux urnes avec «seulement» 39 % d’abstentionnistes.

Désintérêt, colère ou absence d’informations…les causes de ce phénomène de désaffections sont multiples et inquiètent les états-majors des partis.

Cette nouvelle chute de la participation est liée aussi à une logique institutionnelle. Depuis l’entrée en vigueur en 2002 du quinquennat et du calendrier faisant se succéder présidentielle et législative, ce scrutin a perdu son autonomie.


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