D’anciens sous-traitants d’Ikea ont eu recours au travail de prisonniers en Biélorussie, selon « Disclose »

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Ikea a défendu jeudi 17 novembre ses procédures de contrôle visant à assurer qu’il n’a pas recours au travail de prisonniers, après une enquête du média d’investigation Disclose démontrant des liens entre plusieurs de ses anciens fournisseurs en Biélorussie et les colonies pénitentiaires du régime de Minsk.

La multinationale d’origine suédoise a coupé ses liens en mars avec ses fournisseurs dans le pays, du fait de la guerre en Ukraine soutenue par le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, allié de Moscou. Elle a toutefois reconnu ne pas pouvoir exclure à 100 % que certains de ses produits aient pu être issus du travail de prisonniers biélorusses. « Il n’y a, malheureusement, aucun système dans le monde suffisamment solide pour garantir zéro risque de mauvaise conduite », a expliqué à l’Agence France-Presse le numéro un mondial du meuble.

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Dans son cahier des charges, Ikea assure notamment rejeter le « travail forcé » et le travail pénitentiaire. « Pour vérifier que les fournisseurs se conforment à ces exigences, nous avons un processus bien établi, incluant des évaluations des lacunes, des vérifications de conformité et un suivi de plan d’actions en cas d’écart », a fait valoir Ikea.

« Faits de torture »

Selon l’enquête de Disclose, plusieurs entreprises biélorusses ayant été jusqu’à récemment sur la liste des fournisseurs d’Ikea ont collaboré avec au moins cinq prisons et colonies pénitentiaires du régime de M. Loukachenko. Il s’agit au total de dix anciens sous-traitants biélorusses d’Ikea, dont les sociétés Mogotex et Ivatsevichdrev. Selon le média français, elles ont eu recours au travail de prisonniers de diverses prisons (IK-2, IK-4, IK-9, IK-15 et Rypp5). Ces « établissements pénitentiaires [sont] connus pour des faits de torture, de privation de nourriture et de soins », affirme Disclose.

En Biélorussie, Ikea ne comptait aucun magasin, mais avait estimé à 10 000 emplois indirects le travail effectué par ses sous-traitants, pour 15 000 emplois directs et 50 000 indirects en Russie.

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La multinationale, dont les principales holdings sont sises aux Pays-Bas, avait déjà été exposée à un scandale de travail de prisonniers. En 2012, à la suite d’une enquête interne, Ikea avait reconnu que pour produire certains de ses meubles des fournisseurs avaient eu recours au travail forcé de prisonniers politiques en Allemagne de l’Est, dans les années 1970 et 1980. L’audit interne suivait des révélations d’une émission d’investigation suédoise.

Le Monde avec AFP

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