Corée du Nord : avec des tirs de missiles plus fréquents et de portée plus longue, la menace de Pyongyang a décuplé depuis 1984

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Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) se réunit, lundi 21 novembre, pour discuter de la « provocation » que constituent les tirs de missiles de la Corée du Nord. Vendredi, le régime de Pyongyang a lancé un missile balistique intercontinental qui a atterri au large du Japon, provoquant des réactions diplomatiques. Ce tir, au lendemain du lancement d’un autre missile de courte portée également en mer du Japon, s’inscrit dans une série inédite, avec jusqu’à vingt-trois tirs dans la seule journée du 2 novembre. Jamais la Corée du Nord n’avait tiré autant de missiles en une année.

Le régime de Kim Jong-un affirme qu’il s’agit d’une réponse à l’attitude « agressive et provocatrice » de Séoul et Washington, qui ont mené en novembre les plus grandes manœuvres aériennes jamais réalisées dans la région, avec des avions furtifs et des bombardiers stratégiques.

Lire l’analyse : Article réservé à nos abonnés Risque d’escalade dans la péninsule coréenne

Pour Antoine Bondaz, directeur du programme Corée à la Fondation pour la recherche stratégique, la multiplication des essais balistiques nord-coréens ne doit pas être analysée comme une simple provocation mais comme « un développement continu de leurs capacités, y compris de dissuasion ». Cette évolution de l’arsenal nord-coréen offre au pays une marge de manœuvre en cas de conflit puisqu’il a désormais la possibilité de riposter de manière graduée, du missile lancé depuis un sous-marin au missile intercontinental en passant par ceux de moyenne portée.

Bien que plusieurs résolutions de l’ONU interdisent au pays de lancer des missiles balistiques, le chercheur estime que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) profite aujourd’hui des divisions au Conseil de sécurité, notamment depuis la guerre en Ukraine. La Chine, principal allié de Pyongyang, et la Russie ont mis en mai leur veto à une tentative des Etats-Unis de renforcer les sanctions contre le régime nord-coréen.

Tandis que la RPDC a promis des « réponses militaires plus intenses » aux efforts déployés par les Etats-Unis et leurs alliés pour renforcer leur présence militaire dans la région, Washington redoute que Kim Jong-un reprenne ses essais nucléaires pour la première fois depuis 2017.

Du premier tir de missile en 1984 au début novembre 2022, nous avons retracé chronologiquement le développement des programmes balistique et nucléaire nord-coréens.

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