Blocage sur la question nord-coréenne, au cœur des divisions de la communauté internationale

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La question nord-coréenne a pris un tour familial, avec la diffusion, plusieurs jours de suite par les médias de Pyongyang, de photos montrant le dirigeant Kim Jong-un assistant, en compagnie de sa première fille, au tir d’un missile balistique intercontinental (ICBM) Hwasong-17, qui a suscité de vives réactions.

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Mardi 22 novembre, les services sud-coréens de renseignement, le NIS, ont identifié la jeune fille apparue sur les photos vêtue d’une veste de fourrure blanche en compagnie de son père en tenue kaki, mais aussi de sa mère, Ri Sol-ju, et de sa tante paternelle, l’influente Kim Yo-jong, comme étant Ju-ae, l’aînée de M. Kim. Toujours selon le NIS, le leader nord-coréen a épousé Ri Sol-ju en 2009. Le couple aurait un fils, né en 2010, et deux filles, nées en 2013 et 2017.

Les raisons de présenter publiquement l’une des filles du dirigeant nord-coréen restent un objet d’interrogation. Peut-être Kim Jong-un veut-il « adoucir son image », comme le suggère sur Twitter John Delury, de l’université sud-coréenne Yonsei, ou cette mise en scène est-elle liée à sa succession, l’opération constituant « un moyen d’étouffer toute ambition parmi les élites nord-coréennes », avance de son côté Michael Madden, spécialiste de la Corée du Nord au Wilson Center, basé à Washington.

« Actions déstabilisatrices »

Il s’agit peut-être aussi de détourner l’attention des critiques soulevées au niveau international après le tir du Hwasong-17 effectué vendredi 18 novembre. Dénoncé le même jour à Bangkok par six pays, dont les Etats-Unis, le Japon et l’Australie, lors du sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), le tir de l’ICBM a fait l’objet d’une condamnation, lundi 21 novembre, par le G7, qui a appelé la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à « cesser ses actions déstabilisatrices », à « reprendre les pourparlers sur la dénucléarisation et à accepter les offres de dialogue formulées par les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud ».

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Le même jour, le Conseil de sécurité de l’ONU échouait à s’accorder sur la question nord-coréenne. Après avoir rappelé que le régime de Pyongyang avait procédé à 63 tirs de missile depuis le début de 2022, l’ambassadrice des Etats-Unis, Linda Thomas-Greenfield, a « encouragé » les autres membres du Conseil « à condamner fermement la RPDC et à prendre des mesures pour freiner son développement d’armes de destruction massive illégales et les progrès dans la mise au point de missiles balistiques ».

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