Belgique : la coalition du libéral Alexander De Croo sous le feu des critiques

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La situation du gouvernement fédéral belge dirigé par le libéral flamand Alexander De Croo devient de plus en plus inconfortable, et seule l’absence d’une réelle alternative à celui-ci empêche la chute de la coalition de sept partis, unis seulement par la volonté d’empêcher le retour au pouvoir des nationalistes de l’Alliance néoflamande (N-VA).

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Au cours de ces dernières semaines, M. De Croo a tenté – la plupart du temps en gelant ou en reportant les problèmes – de maintenir envers et contre tout la cohésion de sa majorité, au sein de laquelle se multiplient les critiques ouvertes. « Lamentable ! », a par exemple écrit sur Twitter le président du Mouvement réformateur (MR, libéral), Georges-Louis Bouchez, pour qualifier l’action d’un gouvernement dont son parti est pourtant membre. Il évoquait l’absence persistante d’un accord sur la prolongation de réacteurs nucléaires ou l’insuffisance des réponses officielles après l’assassinat d’un policier par un islamiste qui avait proféré des menaces publiques et réclamé une aide psychologique avant le drame. Le président francophone s’en prenait aussi au budget élaboré pour 2023 qui, selon M. Bouchez, fait de la Belgique « le pire élève » de l’Union européenne.

Enervé par les critiques incessantes de ce responsable, M. De Croo a participé, le 18 novembre, à une manœuvre traduisant, au mieux, la détérioration du climat au sein de son équipe. Il a d’abord licencié la secrétaire d’Etat au budget, Eva De Bleeker, membre de son propre parti, au prétexte qu’elle avait commis « une erreur matérielle » dans le calcul du déficit budgétaire. Dans un deuxième temps, il a nommé à ce poste Alexia Bertrand, à l’insu de M. Bouchez, après que cette jeune responsable, jusque-là étiquetée libérale francophone, a soudainement rejoint le parti libéral flamand de M. De Croo.

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Des aides pas assez ciblées

Problème pour celui-ci : les critiques du président du MR à propos du budget sont en phase avec celles de la Commission européenne. Sans rejeter totalement les projets belges, celle-ci a formulé, mardi 22 novembre, des remarques qui sont autant de mises en garde pour un pays dont le déficit public promet d’être désormais le plus élevé de la zone euro (5,9 % du produit intérieur brut en 2023) et dont la dette atteindra 108,2 %.

Augmentation trop rapide des dépenses, coût élevé de l’indexation automatique des salaires des fonctionnaires, absence de réformes du système des retraites, de la fiscalité, et du marché du travail, le constat est assez cinglant. La Commission relève aussi que les aides aux ménages pour compenser la hausse des coûts de l’énergie n’ont pas été suffisamment ciblées. Une récente étude menée par l’université de Gand conclut, effectivement, qu’un quart de ces aides seulement a bénéficié aux plus fragiles.

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