Au Brésil, le parti de Lula affaibli au niveau régional

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Elles ont longtemps été éclipsées par le « choc des titans » Luiz Inacio Lula da Silva et Jair Bolsonaro. Dimanche 2 octobre, des élections législatives et locales auront pourtant également lieu au Brésil. L’occasion, pour 156 millions d’électeurs, de renouveler la totalité des membres de la Chambre des députés, un tiers des sièges de sénateurs et l’ensemble des gouverneurs et assemblées régionales du pays.

Cette année, l’événement a pris les allures d’une exubérante fête de la démocratie, avec plus de 28 000 candidats, tous scrutins confondus. Parmi eux, les postulants les plus loufoques : candidats « Wolverine », « Obama », « 007 », « Gladiator », « nain montagne », « pasteur Batman », « taxi samouraï »…. Certains posent en maillot de bain ou à l’intérieur d’un cercueil. D’autres s’équipent d’une arme à feu, d’un pneu, d’un melon ou d’une vache gonflable…

Indécision extrême de l’électorat

Au-delà du folklore, ces scrutins sont le reflet d’évolution de fond de la société brésilienne. Le nombre de femmes postulant aux élections générales est en hausse, tout comme celui des Noirs et des Métis, désormais aussi nombreux que les Blancs. Afin de contrebalancer l’influence des groupes de pression du « BBB » (« bœuf, Bible, balle », soit l’agroalimentaire, les évangéliques et les armes à feu) dominant le Congrès de Brasilia, l’Articulation des peuples indigènes du Brésil (APIB) parraine même trente candidatures propres, issues des peuples autochtones. Le but : former un « lobby de la forêt » au cœur des institutions.

Lire aussi l’archive (2017) : Article réservé à nos abonnés Le Brésil sous l’emprise des « BBB » pour bœuf, Bible, balle

Dans la République fédérative du Brésil (nom officiel du pays), les scrutins législatifs et locaux sont loin d’être anecdotiques. Les vingt-sept gouverneurs du pays disposent de prérogatives extrêmement étendues, allant de la santé à l’éducation, en passant par le maintien de l’ordre. Il en va de même pour les 513 députés et 81 sénateurs du Congrès, qui ont le pouvoir d’opposer leur veto aux décisions du président, voire, le cas échéant, de le destituer.

Les modalités varient d’un scrutin à l’autre et les prédictions sont difficiles : les gouverneurs, comme le président de la République, sont élus par un vote majoritaire à deux tours, contre un seul tour pour les sénateurs, et une proportionnelle pondérée par un complexe quotient électoral pour les députés fédéraux et régionaux. Preuve de la confusion ambiante, une extrême indécision règne dans l’électorat. Près d’un électeur sur deux n’avait toujours pas fait son choix de député, révélait, le 23 septembre, une enquête du site d’information Congresso em Foco.

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