Au Brésil, Bolsonaro profite de la fête du bicentenaire pour galvaniser ses partisans

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Le Brésil respire enfin après la célébration du bicentenaire de son indépendance, mercredi 7 septembre, transformée en un immense meeting électoral de Jair Bolsonaro, rassemblant des milliers de personnes – 64 000, selon l’observatoire du débat politique de l’université de Sao Paulo – mais sans débordements. « Pas une seule vitre de cassée ! Je l’avais dit, nous ne sommes pas comme ces gauchistes qui brûlent les pneus. Dieu est avec nous, il nous guide », jubile Inêz Belarmino, dont le corps est entièrement enveloppé dans un drapeau brésilien.

Cette candidate au poste de député régional à Rio de Janeiro pour le parti du président Bolsonaro (Parti libéral, PL) est arrivée tôt sur la plage de Copacabana avec un lourd sac de prospectus. Pour elle, le bicentenaire est surtout un jour de campagne, et elle distribue ses tracts avec un même discours, largement applaudi, entre les partisans du président. « Je suis la mère qui se bat contre l’idéologie du genre et l’endoctrinement dans les écoles. Il faut qu’on gagne, sinon la gauche va fermer les églises », répète-t-elle en montrant une vidéo grossièrement montée de l’ancien président Lula, catholique pratiquant, qui affirmerait que le Brésil n’a pas besoin d’églises mais de communisme.

Inêz Belarmino n’est pas la seule à colporter des mensonges en cette belle journée ensoleillée, rythmée par les tirs de canon depuis le fort militaire de Copacabana et les fumées vertes et jaunes de l’escadrille de voltige de l’armée de l’air. Sur les nombreux chars, les orateurs s’en prennent aux médias et supplient le public de ne plus les croire : « Eteignez vos télévisions, les sondages sont faux, notre président sera élu au premier tour, comme il l’a été en 2018 », entend-on sur le char du mouvement Endireta Brasil. Le président Jair Bolsonaro avait déjà donné le ton le matin même à Brasilia, en s’exprimant devant ses partisans : « Je n’ai jamais vu une si grande mer de couleurs vertes et jaunes, ici, il n’y a pas de mensonge Datafolha [l’un des plus importants instituts de sondage brésiliens], ici, c’est notre “data-peuple”, ici, c’est la vérité. »

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« De puissantes images »

Faire mentir les sondages – qui le placent tous en seconde position derrière l’ancien président Inacio Lula da Silva, dit Lula – semble bien avoir été l’objectif principal du chef de l’Etat, selon Thomas Trauman, chercheur au laboratoire d’analyse politique et de communication digitale de la fondation Getulio Vargas : « Avec cette mobilisation, il a rassemblé ses troupes et les a galvanisées. Il dispose maintenant de puissantes images qu’il ne manquera pas d’utiliser dans sa prochaine propagande électorale pour dénigrer les sondages. »

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