Attentat à Istanbul : une jeune femme syrienne suspectée d’avoir agi pour le PKK kurde

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Après l’attentat qui a frappé le cœur d’Istanbul dimanche, une jeune femme a été interpellée et accusée d’avoir posé la bombe qui a fait six morts. De nationalité syrienne, la suspecte a reconnu les faits, a annoncé lundi 14 novembre la police turque, citée par des médias locaux.

« La personne qui a déposé la bombe a été arrêtée », a annoncé, tôt lundi, le ministre de l’intérieur, Süleyman Soylu. Des images de la police partagées par les médias turcs montrent une jeune femme en sweat-shirt violet appréhendée dans un appartement. Selon les forces de l’ordre, elle a reconnu avoir agi sur ordre du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et reçu des directives à Kobané, dans le nord-est de la Syrie. Elle serait entrée clandestinement en Turquie en passant par Afrin, localité du Nord-Est syrien contrôlée par des soldats turcs et leurs supplétifs syriens. Selon le ministre de l’intérieur, elle s’apprêtait à « fuir en Grèce ».

« Les opérations continuent » pour arrêter d’autres suspects, a-t-il poursuivi. Et de marteler : « Ils ont voulu nous adresser un message, nous l’avons reçu et nous allons y répondre de la façon la plus ferme qui soit. »

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La Turquie rejette les condoléances américaines

« D’après nos conclusions, l’organisation terroriste PKK est responsable » de l’attentat, a affirmé le ministre. Hormis la jeune femme, les autorités turques ont arrêté 46 personnes, au lendemain de cet attentat qui a frappé la rue Istiklal, l’une des artères les plus fréquentées d’Istanbul, en plein après-midi dimanche.

Selon un dernier bilan, l’attentat a fait six morts et quatre-vingt-un blessés, dont la moitié reste hospitalisés lundi. On compte parmi les victimes, toutes Turques, une fille de 9 ans tuée avec son père et une adolescente de 15 ans, morte avec sa mère.

Lundi, le ministre de l’intérieur turc, Süleyman Soylu, a rejeté les condoléances des Etats-Unis, qui, selon lui, « soutiennent les terroristes » kurdes. « Notre alliance avec un Etat qui entretient Kobané et des poches de terreur (…) doit être débattue », a ajouté M. Soylu.

Ankara accuse régulièrement les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux de protéger les combattants kurdes du PKK et les Unités de protection du peuple (YPG), considérés comme terroristes par Ankara.

La ville de Kobané est restée célèbre pour la bataille qui, en 2015, a permis aux forces kurdes soutenues par la coalition occidentale de repousser le groupe djihadiste Etat islamique. Elle est contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG – alliées au PKK – sont une composante majeure.

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Le Monde avec AFP

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