alerte « rouge » historique au Royaume-Uni, des dizaines d’incendies en Espagne

0
41

Une partie de l’Europe occidentale continue de ressentir, samedi 16 juillet, les effets d’une vague de chaleur responsable de feux de forêt dévastateurs et qui, selon les prévisionnistes, pourrait faire tomber plusieurs records de température au début de la semaine prochaine.

Dans le sud-ouest de la France, la mobilisation des pompiers ne faiblit pas pour stopper les incendies, particulièrement en Gironde, où plus de 9 000 hectares de forêt sont partis en fumée depuis mardi, dans un contexte de canicule généralisée où les températures pourraient atteindre 40 °C localement, selon Météo-France.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Face à l’urgence climatique, une réponse politique pas encore à la hauteur

Sur la commune de La Teste-de-Buch, les efforts déployés ont permis de ralentir la progression du feu. « Nous sommes toujours, et c’est une satisfaction, à 3 150 hectares brûlés, mais le feu n’est toujours pas maîtrisé », a déclaré à la presse le sous-préfet d’Arcachon Ronan Leaustic, qui a salué l’« énorme intensité et la mobilisation » des pompiers dans la nuit « pour conserver ce périmètre ». Ces feux, qui mobilisent un millier de pompiers, ont entraîné depuis mardi l’évacuation de dix mille personnes.

Entre 12 000 et 15 000 hectares brûlés au Portugal

Le Portugal connaissait une relative accalmie, avec un seul incendie important encore actif samedi, dans le nord du pays, entre les communes de Baião et Amarante. En milieu de journée, le feu y progressait au moins sur un front, à flanc d’une colline boisée de cette région vallonnée située en amont du fleuve Douro, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse.

La veille, un avion bombardier d’eau qui combattait un feu de forêt dans la région de Guarda s’est écrasé, provoquant la mort du pilote, son unique occupant. Selon un bilan de la protection civile portugaise, les incendies de la dernière semaine ont fait deux morts et une soixantaine de blessés. D’après ces estimations, les feux ont ravagé, depuis le début de la canicule, entre 12 000 et 15 000 hectares de forêt et de broussailles.

Seule la région de l’Algarve, dans le sud du Portugal, ne se trouvait pas en alerte à la chaleur. Dans le reste du pays, l’institut météorologique prévoit samedi des températures pouvant atteindre 42 °C par endroits.

Des pompiers luttent contre le feu près de Baião, dans le nord du Portugal, le 15 juillet 2022.

En Espagne, des dizaines d’incendies faisaient toujours rage du nord au sud du pays. Samedi matin, dans la région d’Estrémadure, à la frontière avec le Portugal, un foyer à « l’évolution défavorable », selon le gouvernement régional, a entraîné la fermeture d’un tronçon de l’autoroute A5, reliant Madrid à la frontière portugaise. Dans le même temps, dans le sud de l’Andalousie, un feu près de Malaga a obligé à l’évacuation préventive de plus de trois mille personnes, selon les services de secours andalous.

Lire le décryptage : Article réservé à nos abonnés Comment les scientifiques déterminent si une vague de chaleur est influencée par le dérèglement climatique

L’Agence d’Etat espagnole de météorologie a maintenu pratiquement tout le pays sous différents niveaux d’alerte aux températures élevées samedi, avec des valeurs supérieures à 40 °C dans de nombreuses régions et jusqu’à 44 °C par endroits. Si le pic de cette vague de chaleur semble avoir été franchi dans la péninsule Ibérique, la température ne devrait descendre sous 40 °C qu’en début de semaine prochaine.

Toute première alerte « rouge » au Royaume-Uni

En Grèce, les pompiers continuaient de combattre un foyer qui s’était déclaré vendredi matin, provoquant l’évacuation préventive de sept villages dans une zone rurale de la préfecture de Réthymnon, sur l’île de Crête.

Au Royaume-Uni, un comité de crise composé de ministres devait se réunir dans la journée de samedi après que le Met office, le service national britannique de météorologie, a émis la toute première alerte « rouge » pour chaleur extrême, mettant en garde contre un « risque pour la vie ». Le service a déclaré que, dans le sud de l’Angleterre, les températures pourraient dépasser 40 °C pour la première fois, lundi ou mardi, pouvant ainsi battre le record de 38,7 °C datant de 2019.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Comment Paris se prépare à vivre sous 50 °C

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a conseillé aux Londoniens de n’utiliser les transports publics ces jours-là qu’en cas de « nécessité absolue ». Les compagnies ferroviaires ont également invité les passagers à éviter de voyager. Certaines écoles du sud de l’Angleterre ont annoncé aux parents qu’elles resteraient fermées pendant la canicule en début de semaine prochaine.

Cette vague de chaleur est la deuxième en à peine un mois en Europe. La multiplication de ces phénomènes est une conséquence directe du réchauffement climatique, selon les scientifiques, les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.

Le Monde avec AFP

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici