jeudi, avril 2

Il y a un mois, jour pour jour, les deux juges d’instruction en charge de l’enquête sur la disparition et la mort d’Émile ont lancé une vaste campagne de prélèvements ADN qui concerne les habitants du Haut-Vernet, les vacanciers, les personnes de passage dans le hameau au moment de la disparition d’Émile, le 8 juillet 2023.

Près de 100 prélèvements ADN ont été réalisés à ce stade, a appris BFMTV de sources concordantes. Toujours selon nos informations, l’exploitation génétique en laboratoire de ces prélèvements ADN, travail titanesque qui devrait vraisemblablement être confié au laboratoire bordelais du Professeur Christian Doutremepuich, en charge des précédentes analyses génétiques, n’a pas encore débuté.

« Il est possible que les juges d’instruction attendent la fin des prélèvements avant de lancer l’ordre de mission judiciaire d’analyser ces éléments », indique une source proche du dossier à BFMTV.

En revanche, toujours selon nos informations, ce laboratoire a terminé il y a quelques semaines l’examen des traces génétiques sur les trois vélos saisis au domicile des grands-parents d’Émile, en décembre dernier. Les vélos ont été rendus, et le rapport d’analyse a été remis aux juges d’instruction, qui doivent désormais décider des suites judiciaires à apporter à ces résultats. Ces analyses ont-elles permis de faire avancer l’enquête ? « Pas de commentaire », indique une source proche du dossier à BFMTV.

Des traces inconnues sur les vêtements d’Émile

Concernant les prélèvements ADN sur les habitants, « la campagne de prélèvements se poursuit, nous n’avons pas terminé », confirme une source proche de l’enquête à BFMTV.

L’objectif est d’effectuer des comparaisons avec les traces ADN étrangères à ceux de la famille d’Émile qui avaient été retrouvés sur les vêtements du petit garçon, fin mars 2024 et qui demeurent toujours inconnues.

Les enquêteurs de la Section de recherches de Marseille disposent aussi de traces d’ADN inconnues prélevées sur plus d’un millier de courriers anonymes, selon une source proche de l’enquête à BFMTV. Là encore, toutes ces empreintes génétiques vont être comparées aux ADN recueillis par les gendarmes.

Ces prélèvements ADN se déroulent dans les locaux de la Gendarmerie de Seyne-les-Alpes, à 25 km du Vernet ou parfois à domicile, chez les personnes concernées.

« Cela a pris 5 minutes, et ils sont repartis. Ils ne m’ont posé aucune question »

Robert [prénom d’emprunt] était présent au Haut-Vernet, le 8 juillet 2023, soit le jour de la disparition du petit Emile. Il a habité 4 ans dans ce hameau avant de déménager, il était l’un des voisins des grands-parents d’Émile. Auprès de BFMTV, il a accepté le 05 mars dernier de s’exprimer juste après que les gendarmes se sont rendus à son domicile pour prélever son ADN.

« Ils étaient deux. Ils ont réalisé un prélèvement ADN avec le grand coton-tige dans la bouche et ils m’ont pris mes empreintes », raconte-t-il.

Robert avait été prévenu quelques jours plus tôt par téléphone par la gendarmerie de Marseille. La démarche lui semble nécessaire. « Je pense que c’est une bonne chose », dit-il, bien qu’il concède que cela soit « un peu tard peut-être par rapport à la disparition du petit ».

Une enquête loin d’être terminée

En janvier dernier, les avocats des grands-parents d’Émile avaient déposé plusieurs demandes d’actes complémentaires. Me Julien Pinelli, avocat de la grand-mère du petit Émile, jugeait sur BFMTV le 2 février dernier que des prélèvements ADN au Haut-Vernet lui « semblaient opportuns au regard des investigations qui ont été conduites ».

« L’objectif, c’est d’arriver au constat selon lequel aucune porte ne sera restée fermée, aucune option n’aura pas été suivie », détaillait-il sur notre antenne.

« En réalité, cela fait des mois que ces prélèvements ADN étaient dans les tuyaux, les deux juges d’instruction n’ont pas attendu que les avocats en fassent la demande », confiait une source judiciaire à BFMTV, en février dernier.

Contacté par BFMTV, le parquet d’Aix-en-Provence n’a pas répondu à nos sollicitations.

Article original publié sur BFMTV.com

Share.
Exit mobile version