jeudi, avril 23

Au premier semestre de l’année 2024, Jacques-Elie Favrot n’est pas encore mis en examen et écroué pour « complicité » dans le tabassage mortel du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon (Rhône), comme l’a décidé un juge d’instruction, jeudi 19 février. Il est alors étudiant en sciences politiques à l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne (Loire), loin du tumulte de la capitale des Gaules.

Mais déjà son comportement lui vaut un signalement à la justice. Selon nos informations, Maxime*, un étudiant de l’Institut d’Études Politique (IEP) de Lyon, basé sur le campus de Saint-Etienne, se plaint à la direction de son école du comportement violent de Jacques-Elie Favrot à son encontre. Des faits qui ont lieu dans l’enceinte de l’IEP, selon lui, où Favrot n’est pourtant pas étudiant.

Jacques-Elie Favrot, alias « Jeff », est déjà un des leaders de La Jeune Garde Lyon. Maxime dénonce des gestes violents que le militant antifasciste a eus en sa direction, parfois accompagné d’autres étudiants. Il l’accuse aussi de le traiter fréquemment de « nazi » et de le menacer de mort. « Jacques-Elie Favrot était en conflit permanent avec lui », souligne un connaisseur de l’affaire, qui décrit le militant antifa comme un « agitateur de première », bien connu de l’université, mais pas nécessairement violent.

Transféré pour sa protection

Maxime, reconnaît lui, sans ambages, être un militant d’extrême droite. Décrit pour sa part comme « isolé », « en souffrance » et « en difficulté » par diverses sources sollicitées par BFMTV, il a demandé un soutien psychologique et à être protégé. « Il ne se sentait pas en sécurité. Il avait peur de se faire taper dessus. Et les faits ont été jugés suffisamment sérieux pour le transférer sur un autre campus, ce qui est très rare », indique une source proche du dossier, jointe par BFMTV.

Car selon nos informations, la directrice de l’IEP de Lyon, Hélène Surrel, a pris la décision de déplacer cet étudiant sur le campus de Lyon pour le protéger des agissements de Jacques-Élie Favrot et de sa bande. Elle a ensuite signalé ces faits à la justice, sous la forme d’un « article 40 » – qui impose aux agents publics d’informer le procureur local de tout délictuel ou criminel.

Jacques-Élie Favrot et les autres étudiants ont, pour leur part, assuré que Maxime détenait un couteau et avait agressé une étudiante. Ces faits ont également été signalés par la direction de Sciences Po Lyon au parquet de Saint-Etienne.

Sollicitée, Hélène Surrel n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

Une plainte déposée pour « violences légères »

L’affaire ne s’est pas arrêtée là. Maxime a déposé plainte au commissariat de Saint-Etienne pour « violences légères ».

La procureure de Saint-Etienne, Anne Gaches, contactée par BFMTV, n’a pas répondu sur les suites accordées à cette plainte et ces signalements.

Maxime ne semble pas l’avoir oublié. Quelques jours après le lynchage de Quentin Deranque à proximité du campus lyonnais de l’IEP, il a signé une tribune très à charge dans Le Figaro, dans laquelle des étudiants de l’IEP entendaient dénoncer « le silence et l’inaction de la direction de l’IEP de Lyon, mais surtout sa complaisance coupable avec l’extrême gauche, en particulier avec la nébuleuse antifa ». Ciblant, par là, la même direction que celle qui l’avait protégée en le transférant.

*le prénom a été modifié

Article original publié sur BFMTV.com

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