jeudi, février 5
La ministre de la santé, Stéphanie Rist, lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 27 janvier 2026.

Promis par Emmanuel Macron mais longtemps resté lettre morte, un plan contre l’infertilité voit le jour. Présenté jeudi 5 février par le gouvernement, il prévoit de mieux sensibiliser à ce sujet, qui touche plus de 3 millions de Français.

« Les enjeux de l’infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects » pour permettre le « lancement immédiat de mesures concrètes et trop longtemps attendues », a déclaré jeudi la ministre de la santé, Stéphanie Rist, lors de la présentation de ce plan.

Mesure phare du plan, un message doit, à partir de la fin de l’été, être envoyé à tous les Français lors de leurs 29 ans. Toutefois, promet Mme Rist, cela sera fait sans pression aucune : « Le rôle du politique n’est pas de dire s’il faut avoir des enfants ou encore à quel âge : ce qu’il faut éviter, c’est continuer à entendre “si j’avais su”. »

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Stéphane Viville, chercheur : « Face à l’infertilité, la première des préventions est politique et éducative »

Cette précision s’inscrit dans un contexte où M. Macron avait été critiqué par plusieurs associations féministes pour avoir lié l’infertilité à une problématique de « réarmement démographique », une volonté politique à la rhétorique guerrière jugée inadéquate.

Site d’information

Une campagne de communication sur les enjeux de reproduction doit être lancée fin 2026 et, très prochainement, un site d’information sera disponible sur le sujet. Le plan, dont le budget total n’est pas précisé, ne se limite pas à la communication. Le ministère veut aussi augmenter les possibilités de congeler ses ovocytes, une solution permise par la loi relative à la bioéthique de 2021 mais qui se heurte dans les faits à de longs délais d’attente.

D’ici à 2028, le ministère voudrait habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements à le faire. Il envisage clairement d’ouvrir ce terrain au privé, en assurant néanmoins que la procédure restera gratuite et exempte d’une « logique marchande ».

Le plan promet aussi une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble qui touche de nombreuses femmes et favorise l’infertilité. C’est aussi le cas de l’endométriose, mais, alors que celle-ci fait déjà l’objet d’un plan gouvernemental, le SOPK restait jusqu’alors largement absent des discours publics.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Baisse de la natalité : quel est le poids de l’infertilité ?

« Un point de départ »

Chez les patients, l’annonce de ce plan a été saluée par le collectif BAMP, qui rassemble des personnes infertiles ou en cours de procréation médicalement assistée (PMA). « On passe dans une nouvelle ère, on n’a jamais été à ce niveau-là de considération des sujets de fertilité et d’infertilité », a déclaré sa présidente, Virginie Rio, à l’Agence France-Presse (AFP), en disant toutefois qu’il s’agissait là d’un point de départ et qu’il restait « beaucoup de travail ».

Le Monde Ateliers

Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences

Découvrir

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Newsletter

« La revue du Monde »

Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer

S’inscrire

Le Monde

« La Météo du Climat »

Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.

Découvrir

Newsletter

« La revue du Monde »

Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer

S’inscrire

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Le Monde

« La Météo du Climat »

Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.

Découvrir

L’organisation milite par exemple pour l’autorisation en France du DPI-A, une méthode de diagnostic permettant de repérer les anomalies des embryons avant de les implanter. L’objectif est d’éviter de nombreuses PMA vouées à l’échec, mais cette technique fait l’objet de débats éthiques quant à une potentielle dérive eugéniste.

Lire aussi le décryptage | Article réservé à nos abonnés Pour les PMA avec don de spermatozoïdes, un système de soins encore sous tension

Cela fait déjà deux ans que le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, avait promis un tel plan, dont les racines remontent même à 2022, lorsqu’un rapport sur le sujet demandé par le gouvernement de l’époque avait été publié. Alors que l’infertilité touche, selon ce rapport, 3,3 millions de Français, rien de concret n’avait été mis en place.

Seul un volet lié à la recherche s’était concrétisé avec le lancement de plusieurs programmes, par exemple pour améliorer l’efficacité des PMA, malgré des financements peinant à se concrétiser.

Le sort même du plan était incertain. A la tête du ministère de la santé pendant l’essentiel de 2024 et 2025, Catherine Vautrin avait marqué sa préférence pour un plan plus large, autour des thématiques de vieillissement et de natalité, faisant craindre un mélange des genres chez les spécialistes.

Le recentrage sur l’infertilité est désormais assumé par sa successeure, Mme Rist. Les Français, quand ils veulent un enfant, « ne passent pas leur temps à voir des graphes sur la démographie », a déclaré son cabinet lors de discussions avec la presse.

Aux côtés du plan contre l’infertilité, qui sera piloté par les auteurs du rapport de 2022, le professeur Samir Hamamah et la patiente Salomé Berlioux, le ministère a annoncé travailler sur les enjeux de santé liés à la naissance, alors que la France présente des taux de mortalité infantile et maternelle nettement supérieurs à nombre de voisins européens.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Samir Hamamah, gynécologue : « Notre santé reproductive est en danger »

Le Monde avec AFP

Share.
Exit mobile version