- Le « parti des cafards » a été créé il y a quelques semaines, et il inquiète déjà le pouvoir indien.
- Immensément populaire sur les réseaux sociaux, cette nouvelle formation politique prend le parti de la jeunesse.
- Étudiant aux États-Unis, son fondateur a appelé à une grande manifestation à son retour à New Delhi le 6 juin.
Le nom a de quoi surprendre, mais il répond à une signification précise. Le « parti du peuple des cafards »
a fait son entrée sur la scène politique indienne il y a seulement quelques semaines. Abhijeet Dipke, son créateur, vient d’annoncer son arrivée à New Delhi cette semaine et l’organisation d’une première manifestation, un évènement qui permettra de mesurer la réalité de sa popularité.
« Un front politique de la jeunesse, par la jeunesse, pour la jeunesse »
Car la plateforme Instagram du CJP (« Cockroach Janata Party ») compte déjà 22 millions d’abonnés, une popularité qui semble inquiéter le gouvernement, qui a déjà ordonné la fermeture de plusieurs de ses comptes sociaux. À titre de comparaison, le compte du parti au pouvoir ne revendique que 9 millions d’abonnés, et le principal parti d’opposition 13. Le parti des « cockroaches » (« cafards », en anglais
) a été créé à la mi-mai, à la suite de déclarations du président de la Cour suprême, Surya Kant.
Lors d’une audience, le magistrat aurait qualifié les jeunes qui critiquent le gouvernement de « cafards »
et de « parasites ».
Il s’était ensuite justifié en affirmant qu’il visait ceux qui utilisent de faux diplômes. Étudiant en communication politique à l’université de Boston (Etats-Unis), Abhijeet Dipke, 30 ans, a réagi en créant dans la foulée le CJP, dont les trois lettres font référence au Bharatiya Janata Party (BJP, parti nationaliste indien) du Premier ministre Narendra Modi. Son slogan, « Un front politique de la jeunesse, par la jeunesse, pour la jeunesse »,
est instantanément devenu viral.
Le ministre de l’Education en ligne de mire
Dans un message publié ce lundi 1ᵉʳ juin, celui qui a travaillé par le passé pour le parti d’opposition Aam Aadmi Party (AAP), a annoncé son retour en Inde et appelé ses partisans à se rassembler le 6 juin dans la capitale pour exiger la démission du ministre de l’Éducation. Celui-ci, Dharmendra Pradhan, est férocement critiqué ces dernières semaines, jugé responsable de nombreuses irrégularités survenues lors d’examens universitaires.
« Des étudiants se sont suicidés et le dur labeur de centaines de milliers d’entre eux est détruit »
, a-t-il accusé, en donnant rendez-vous à ses soutiens à l’aéroport de New Delhi. « Je veux croire que notre pays reste une démocratie et que j’obtiendrai l’autorisation de manifester »
, a ajouté M. Dipke. Au pouvoir depuis 2014, Narendra Modi est régulièrement accusé par l’opposition et la société civile de réprimer toute contestation dans le pays.




