lundi, mars 23

Cinq jours après l’incendie meurtrier survenu dans un bar de Crans-Montana, en Suisse, les noms des victimes de la tragédie – qui n’ont pas ‍été communiqués publiquement – sont désormais connus des services de police. Le long travail d’identification des 40 morts et des 116 blessés a pris fin.

La police du canton du Valais a précisé ce lundi 5 janvier que le bilan des blessés, auparavant établi à 119, avait été ramené à 116 puisque « trois blessés admis aux urgences la nuit en question [avaient] été assimilés à l’événement » par erreur. Ils sont Suisses, Français, Italiens, Serbes, Polonais, Belge, Portugais, Tchèque, Australien,  Bosnien, Congolais, Luxembourgeois. Il y a aussi quatre double-nationaux (France/Finlande – Suisse/Belgique – France/Italie – Italie/Philippines). Parmi eux, 83 sont toujours hospitalisés.

De nombreux mineurs parmi les victimes

Ce qui interpelle dans ce drame, au-delà de la nationalité des victimes, c’est leur âge : une de 14 ans, deux autres de 15 ans, sept de 16 ans. Les autres victimes oscillent entre 17 et 24 ans. Une seule est trentenaire : il s’agit d’un Français âgé de 39 ans précisément, rapporte le correspondant de RFI en Suisse, Jérémie Lanche.

On savait d’après les premiers éléments de l’enquête que les participants à la soirée étaient jeunes, mais pas à ce point. Et cela contribue à l’émotion, toujours immense en Suisse. Plusieurs écoles de la région ont mis en place des cellules psychologiques et une journée de deuil national a été fixée au vendredi 9 janvier. Une ‌cérémonie d’hommage ​est notamment prévue à Crans-Montana ce jour là.

Des questions et des critiques

Présent à l’aéroport de Sion pour le rapatriement des corps de cinq des six adolescents italiens décédés, l’ambassadeur d’Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado, a estimé lundi 5 janvier que « cette tragédie aurait pu, et dû, être évitée grâce à la prévention et au bon sens ».

Le local du bar Le Constellation et ses issues de secours étaient-ils conformes à la réglementation ? Pourquoi l’incendie s’est-il propagé avec une telle rapidité ? Pourquoi de si jeunes personnes avaient-elles été autorisées à entrer dans l’établissement ?

Autant de questions auxquelles l’enquête devra répondre. La responsabilité de la station de ski comme celle des propriétaires français de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, pourrait être engagée. La commune de Crans-Montana, quant à elle, a annoncé s’être portée partie civile pour « apporter activement sa contribution à l’établissement complet des faits ». Depuis samedi 3 janvier, les Moretti font l’objet d’une enquête pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence » mais ils n’ont été ni placés en détention provisoire, ni assignés à résidence, ce qui suscite l’étonnement.

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