Les corps de quatre Suisses, parmi lesquels deux mineurs, morts la nuit du Nouvel An dans l’incendie du bar Le Constellation de la station de Crans-Montana, ont été identifiés et remis à leurs familles, a annoncé samedi 3 janvier la police cantonale du Valais.
Après cette tragédie qui a fait 40 morts et 119 blessés, l’« important travail d’identification » mené « par la police cantonale valaisanne, le DVI (Disaster Victim Identification) et l’Institut de médecine légale a permis d’identifier, à ce stade, deux Suissesses âgées de 21 et 16 ans et deux Suisses de 18 et 16 ans », a affirmé la police dans un communiqué.
« Les corps des victimes décédées ont été remis à leurs familles. Les investigations et procédures d’identification concernant les autres victimes, décédées ou blessées, se poursuivent activement », a ajouté la police. Vendredi, la même source avait annoncé que 113 des 119 blessés – Suisses, Français, Italiens, Serbes, Belge… – avaient pu être formellement identifiés, mais n’avait encore fourni aucune indication sur l’identité des personnes mortes.
Selon le dernier bilan communiqué samedi par le ministère des affaires étrangères français, 16 blessés français ont été pris en charge et neuf personnes n’ont toujours pas été localisées. « Huit patients ont été transférés vers des hôpitaux français hier », précise un communiqué du Quai d’Orsay, soit « au total dix patients [qui] ont été transférés vers la France à ce stade et sont traités dans des hôpitaux français ». Le ministère précise que « de nouveaux transferts vers la France sont en cours de mise en œuvre aujourd’hui ».
« Embrasement généralisé »
Selon les premiers éléments de l’enquête, « tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mis sur les bouteilles de champagne », a annoncé vendredi la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le début de l’embrasement du plafond. A côté, de jeunes adolescents filment la scène, semble-t-il inconscients du danger. Sur d’autres vidéos, on voit ensuite des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes. Des témoins ont décrit des scènes d’horreur : des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s’échapper, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.
Le visionnage de nombreuses vidéos par les enquêteurs tend à accréditer les affirmations de nombreux témoins sur ces dispositifs crachant des étincelles. Ces témoins ont également mentionné la présence de mousse sur le plafond du sous-sol, un isolant phonique, qui pourrait expliquer l’« embrasement généralisé » mentionné par les autorités.
La suite de l’enquête « portera notamment sur les travaux effectués au sein du bar, les matériaux qui sont utilisés, les autorisations d’exploiter, les mesures de sécurité », a détaillé la procureure. Les deux propriétaires du Constellation, un couple de Français, ont été entendus « à titre de personnes appelées à donner des renseignements », selon la procureure, qui a précisé qu’aucune responsabilité n’avait été établie à ce stade.



