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Des policiers près du bar Le Constellation, ravagé par un incendie lors des célébrations du Nouvel An à Crans-Montana, en Suisse, le 2 janvier 2026.

L’angoisse et les incertitudes demeurent à Crans-Montana, plus de deux jours après l’incendie qui a fait 40 morts et a blessé 119 personnes qui fêtaient le Nouvel An dans un bar populaire de la station de ski suisse. Les enquêteurs continuent, samedi 3 janvier, leur long travail d’identification des corps et de recherche des raisons du drame, les autorités pointant notamment l’utilisation de bougies scintillantes au sous-sol de l’établissement.

Les autorités n’ont, en revanche, donné aucune information concernant les 40 personnes mortes lors de la tragédie, mais le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler, a rapporté devant la presse à Sion, la capitale régionale, que 113 des 119 blessés avaient pu être « formellement » identifiés. Selon lui, parmi eux figurent 71 Suisses, 14 Français, 11 Italiens, quatre Serbes, mais aussi un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais. Pour 14 autres blessés, la nationalité n’a pas encore été établie.

Toutefois, selon la police cantonale, des dossiers ante mortem pour les disparus ont été ouverts en lien avec plusieurs pays, dont la Belgique, la France, l’Italie, le Portugal, les Philippines, la Roumanie, la Serbie ou la Turquie. Un Israélien, possédant une double nationalité, serait porté disparu, selon un responsable du ministère des affaires étrangères israélien.

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L’incendie s’est déclaré vers 1 h 30, dans la nuit de mercredi à jeudi, dans le bar Le Constellation, fréquenté par de nombreux touristes, parmi lesquels des jeunes venus célébrer la nouvelle année. Au vu des premiers éléments de l’enquête, « tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mises sur les bouteilles de champagne », a déclaré la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud. « Et tout a été approché trop près du plafond. »

Le visionnage de nombreuses vidéos par les enquêteurs tend à accréditer les affirmations de nombreux témoins sur ces dispositifs crachant des étincelles, aussi appelés bougies fontaines. Ces témoins ont également mentionné la présence de mousse sur le plafond du sous-sol – un isolant phonique –, qui pourrait expliquer l’« embrasement généralisé » mentionné par les autorités.

Une cinquantaine de blessés transférés à l’étranger

La procureure a aussi précisé que des auditions, dont celle des « deux gérants français et des personnes rescapées », avaient notamment permis « d’expliquer la configuration intérieure des lieux, les travaux réalisés et la capacité d’accueil ». La suite de l’enquête « portera notamment sur les travaux effectués au sein du bar, les matériaux qui sont utilisés, les autorisations d’exploiter, les mesures de sécurité », a détaillé la procureure.

Les deux propriétaires du bar, un couple de Français, ont été entendus « à titre de personnes appelées à donner des renseignements », selon la procureure, qui a précisé qu’aucune responsabilité n’avait été établie à ce stade. Brièvement interrogé vendredi par les médias suisses 20Minutes.ch et La Tribune de Genève, le propriétaire, Jacques Moretti, a dit que le couple ferait « tout [son] possible pour aider à clarifier les causes » du drame. « Nous ne pouvons ni dormir ni manger, nous allons tous très mal », a confié l’entrepreneur.

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Dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’Union européenne, la Suisse a demandé à plusieurs pays d’accueillir des blessés. « Une cinquantaine de blessés ont été transférés ou vont l’être tout prochainement dans des pays européens, dans des centres spécialisés pour les grands brûlés », a déclaré le président du gouvernement valaisan, Mathias Reynard.

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La plupart des personnes prises en charge « étaient des blessés graves », a déclaré le directeur de l’Organisation cantonale valaisanne des secours, Fredy-Michel Roten. La Transfusion interrégionale suisse (CRS) a appelé la population à donner son sang.

Le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani, en déplacement vendredi à Crans-Montana, a dit à des journalistes que « la priorité absolue est de sauver des vies », ajoutant que l’objectif est aussi « de déterminer les responsables ». Car « l’utilisation de feux d’artifice, même de petite taille, dans un lieu comme celui-ci [lui] semble irresponsable ».

Les autorités cantonales ont annoncé qu’une cérémonie sera organisée à Crans-Montana vendredi 9 janvier, sans fournir plus de détails à ce stade.

Le Monde avec AFP

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