
Cinq personnes ont été interpellées, mardi 20 janvier au matin, dans le cadre de l’enquête sur l’incendie criminel du collège Jean-François-Champollion de Dijon en décembre, a fait savoir le procureur. Leur « profil » tend à confirmer l’hypothèse d’un lien avec le trafic de drogues, ajoute-t-il.
A la suite de l’exploitation de la vidéosurveillance et de traces ADN, quatre mineurs âgés de 15 à 17 ans, déjà connus de la justice, et une femme de 27 ans ont été arrêtés dans la métropole dijonnaise, détaille Olivier Caracotch dans un communiqué, confirmant une information du quotidien Bien public.
Arrêtés par la police dans le cadre d’une commission rogatoire puis placés en garde à vue, les suspects sont visés par une enquête ouverte pour « destruction de bien par incendie commise en bande organisée et association de malfaiteurs dans le but de commettre un crime ». Ces faits sont passibles d’une peine de vingt ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende, précise le communiqué.
Deux des mineurs étaient déjà mis en cause dans des procédures judiciaires en cours pour trafic de stupéfiants, les deux autres sont connus pour des faits de « délinquance de droit commun », selon la même source. Aucun d’eux n’est scolarisé au collège Champollion. La femme de 27 ans n’avait pas d’antécédents judiciaires.
Leur « profil », « le mode opératoire » et « le fait qu’aucun des mineurs interpellés ne soit scolarisé au collège Champollion tendent à confirmer l’hypothèse selon laquelle cet incendie aurait été commandité en représailles aux actions menées par les pouvoirs publics dans les mois qui précédaient contre le trafic de stupéfiants », explique le magistrat.
Les gardes à vue peuvent durer au maximum quatre jours.
Cinq incendies dans le quartier en 2025
Le collège Jean-François-Champollion, qui scolarise près de 500 élèves, est situé dans le quartier classé prioritaire des Grésilles. Il a été partiellement détruit dans la nuit du 13 décembre.
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Connu pour abriter plusieurs points de deal, le quartier a été le théâtre de plusieurs incendies en 2025 : une salle polyvalente en juillet, une médiathèque à deux reprises, en février et en mars, ainsi qu’un centre de formation, en février.
Deux jours après l’incendie partiel du collège, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, avait promis, lors d’un déplacement sur place, que l’Etat ne se laisserait pas « intimider » et ne « lâcherait rien » dans sa « guerre » contre le narcotrafic.
Début janvier, ses élèves ont tous pu effectuer leur rentrée, soit dans les bâtiments indemnes, soit dans des classes du lycée voisin.




