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L’enquête et l’identification des victimes se poursuivent ce vendredi 2 janvier, après l’incendie mortel dans un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana lors de la soirée du Nouvel An. Le dernier bilan fourni par le chef de la police locale estimait qu’une quarantaine de personnes ont perdu la vie lors de ce dramatique événement. Qui a aussi provoqué une centaine de blessés parmi les convives présents lors de cet événement.

Face à un tel bilan, considéré comme l’un des pires drames vécu en Suisse depuis de nombreuses années, la nation helvète va pouvoir compter sur un soutien européen de taille. La Commission européenne a en effet affirmé être « en contact » avec les autorités suisses afin de leur apporter une « aide médicale ».

Dans un message de soutien publié jeudi, la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, a confirmé que ses équipes étaient en contact avec la Suisse, qui a activé « le mécanisme de protection civile de l’UE ». Qui a déjà permis à la France d’accueillir 8 nouveaux blessés à la demande des autorités suisses, comme l’a appris BFMTV. Portant à 11 le total de victimes prises en charge dans les hôpitaux français.

Méconnu, ce dispositif accessible par n’importe quel pays au monde permet de demander une assistance de Bruxelles lorsque ses capacités de réaction sont dépassées par une situation d’urgence. Depuis sa mise en place, l’UE a déjà répondu à plus de 820 demandes d’assistance, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE.

Réponse conjointe et coordonnée

Mis en place en octobre 2001, ce mécanisme vise à « renforcer la coopération en matière de protection civile entre les pays de l’UE et dix autres États participants », dans le but « d’améliorer la prévention, la préparation et la réponse aux catastrophes ». Parmi ces dix autres pays, on retrouve l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’Islande, la Moldavie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Norvège, la Serbie, la Turquie et l’Ukraine.

Toutefois, l’UE précise sur son site que « tout pays touché par une catastrophe, en Europe et ailleurs » peut « solliciter une aide d’urgence via ce mécanisme ». Celle-ci se matérialise alors par une contribution active de Bruxelles. Que ce soit pour la « coordination de la réponse aux catastrophes » ou la « contribution aux coûts de transport et/ou opérationnels des déploiements ».

Grâce à l’UE, la Suisse va pouvoir bénéficier d’une « réponse conjointe et bien coordonnée, permettant aux autorités de communiquer par un interlocuteur unique plutôt que par de multiples canaux ». Le mécanisme a aussi pour avantage de « mutualiser l’expertise et les capacités des premiers intervenants, d’éviter le dédoublement des efforts de secours et de garantir que l’assistance réponde efficacement aux besoins des personnes touchées ».

Priorité aux grands brûlés

Au micro de franceinfo après l’incendie, le lieutenant-colonel français Frédéric Harrault, porte-parole de la sécurité civile a dévoilé plusieurs détails sur la manière dont les pays de l’UE comme la France ou l’Italie vont pouvoir aider la Suisse. Il évoque pour cela la principale cause de blessure après cet incendie : les brûlures.

« On le sait, la capacité de prise en charge de grands brûlés est extrêmement lourde et tous les pays ont cette capacité-là, mais dans une dimension restreinte qui est à même de pouvoir faire face au quotidien. Mais pas à un afflux de plusieurs centaines de grands brûlés comme ça va être le cas ici, c’est tout l’intérêt de faire jouer cette assistance internationale », explique-t-il.

« La protection civile de l’union européenne est justement là pour coordonner cette prise en charge et cette logistique d’évacuation et de ventilation sur les lits disponibles », précise également le militaire. Il faut dire que la Suisse ne compte que 15 à 20 lits pour la prise en charge d’un grand brûlé. « Or là, on sait que le bilan dépasse les 115 victimes », rappelle Frédéric Harrault.

La première phase de cette aide consiste donc à mettre en place une « logistique d’évaluation, c’est-à-dire d’aller voir sur place comment on peut envoyer ces victimes aux endroits les plus pertinents ». À la baguette depuis Bruxelles, le Centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC) est désormais chargé de « mettre en place cette logistique avec des moyens de transport adapté, des avions, des hélicoptères, qui sont équipés pour pouvoir transporter des personnes qui sont gravement atteintes ».

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