- À compter de ce jeudi 9 avril, plus de 40 millions de foyers fiscaux peuvent déclarer leurs revenus pour l’année 2025.
- La faible inflation de l’an dernier devrait jouer des tours à certains contribuables.
- Les concernés sont ceux qui ont vu leur salaire augmenter davantage que l’indexation du barème appliqué cette année.
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Impôts 2026 : tout savoir pour déclarer vos revenus
C’est parti ! Comme à chaque printemps, les Français doivent soumettre leur déclaration de revenus à partir de ce jeudi 9 avril et jusqu’à début juin. (nouvelle fenêtre) Le barème qui s’appliquera cette année pour le paiement de l’impôt sur le revenu 2025 a été revalorisé suivant l’inflation de l’année précédente, soit +0,9%. « L’objectif est d’éviter qu’un contribuable dont le revenu augmente simplement au rythme des prix ne voit son pouvoir d’achat diminuer »,
rappelle Lola Josseran, économiste à l’Institut des politiques publiques au sein du pôle fiscalité des ménages.
Toutefois, ce mécanisme, qui s’appuie sur la hausse des prix et non sur celle des revenus, peut réserver de mauvaises surprises à certains contribuables. « Lorsque les revenus augmentent plus vite que les prix une année donnée, le taux d’imposition peut augmenter d’une année sur l’autre, et inversement »,
explique cette dernière.
C’est précisément ce qui se produit cette année. « Si vos revenus ont augmenté de plus de 0,9% votre impôt sur le revenu va en proportion plus augmenter »,
résume Pierre Madec, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), précisant qu’à l’inverse, « si vos revenus imposables ont cru en 2025 de 0,9% cela ne change rien pour vous par rapport à l’année dernière, votre taux d’imposition moyen au titre de l’impôt sur le revenu est stable. »
« Le phénomène inverse » en 2022-2023
« À titre d’exemple, le salaire horaire en France a augmenté en moyenne de 1,7% en 2025 »
, poursuit-il, avant d’ajouter : « les prestations sociales, dont les pensions de retraite, étant également indexées sur l’inflation, leur taux d’imposition bouge peu : il y a un décalage mais c’est marginal »
. En d’autres termes, les concernés sont ceux qui ont vu leurs revenus augmenter plus vite que l’inflation, et ont gagné en pouvoir d’achat réel.
C’est déjà ce qui s’était produit lors de la précédente campagne de l’impôt sur le revenu : les recettes de 2025 portant sur les revenus 2024 avaient alors fortement augmenté, atteignant 92 milliards d’euros, soit une hausse de 9,9% sur un an, selon la DGFIP. Or, l’administration de Bercy expliquait dans une note cette « performance »
principalement « par l’effet du faible relèvement du barème (+1,8%) par rapport à la hausse des revenus (+4,9%) ».
A contrario, « le phénomène inverse s’était produit en 2022-2023, durant la période de forte inflation : le barème avait été revalorisé de 5,4% pour l’imposition des revenus de 2022 et de 4,8% pour l’imposition des revenus de 2023. Les salaires, mettant du temps à rattraper l’inflation, avaient augmenté moins rapidement en moyenne »,
rappelle Lola Josseran. « Dans ce contexte, le taux moyen d’imposition des contribuables dont les salaires avaient progressé moins vite que l’inflation avait diminué entre 2021 et 2023. »
Pour rappel, l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu est l’un des sujets qui a cristallisé le débat pendant l’interminable séquence du budget 2026. Initialement, le gouvernement Lecornu avait prévu de geler temporairement ce barème. Mi-janvier, l’Assemblée nationale avait finalement rétabli l’indexation sur l’inflation pour toutes les tranches. « Cette indexation du barème non pas sur l’évolution des revenus mais sur l’inflation génère de fait des recettes fiscales supplémentaires, d’autant plus dans un contexte de revenu relativement dynamique »,
relève Pierre Madec.




