- Ménage, gardiennage, jardinage, ascenseur… Les charges de copropriété assurent la pérennité et le bon fonctionnement de l’immeuble.
- Ces dernières années, le poste énergie tirait les dépenses à la hausse.
- Désormais, selon une étude du syndic Matera, l’assurance pourrait devenir le premier poste de charges.
Difficile de maîtriser les charges de copropriété. Voté en assemblée générale, le budget inquiète souvent les copropriétaires. D’après le baromètre des charges de copropriété du syndic Matera*, les charges de copropriété « poursuivent leur hausse »
et augmentent de 4,7% en moyenne en 2025. Elles couvrent des dépenses aussi variées que le gardiennage, les ascenseurs, les fonds travaux, les rémunérations des syndics. Deux points concentrent la majorité des dépenses : l’énergie et l’assurance.
Le contexte géopolitique fait exploser le coût du gaz et du pétrole. Les chiffres publiés par le syndic Matera montrent que les copropriétés en chauffage individuel enregistrent 3,9% d’augmentation en 2025. Mais bonne nouvelle, celles qui bénéficient d’un chauffage collectif voient leurs charges légèrement diminuer (-0,5%). Une respiration bienvenue après plusieurs années de forte hausse liée à la crise énergétique.
Émilie Allain, présidente de l’Association nationale de la copropriété et des copropriétaires, précise à TF1info qu’un tiers de ses adhérents se chauffent au fioul : « Les copropriétaires utilisent le gaz ou le fioul tant que cela fonctionne encore. »
Elle prédit que « d’ici quelques mois l’énergie redeviendra un poste de dépense spectaculaire »
.
Le boom de l’assurance
Mais le baromètre Matera révèle que la pression se déplace vers les frais tertiaires et en particulier vers les assurances. Pour le quatrième réseau de syndics de France, elles constituent désormais le principal moteur de la hausse. Les assurances multirisques immeubles, obligatoires, s’appliquent aux parties communes. Elles couvrent notamment les dommages causés à des tiers par les éléments communs de l’immeuble (escalier glissant ou chute d’une tuile par exemple) ou par une personne employée par la copropriété (gardien, prestataire). Ces assurances servent souvent à indemniser de potentielles victimes. Elles progressent de 16%. De leur côté, les contrats de maintenance augmentent de 12%.
Certaines régions enregistrent des augmentations nettement supérieures à la moyenne nationale à l’instar des Pays de la Loire (+13,3%) et de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (+8,2%). Matera analyse cette répartition inégale des hausses par la multiplication des sinistres liés aux aléas climatiques : inondations, sécheresse, incendies… « Ces risques se répercutent directement sur les primes d’assurance payées par les copropriétés »
, ajoutent les auteurs de l’étude. Foncia, syndic concurrent, confirme à TF1info que « le poste assurances devrait enregistrer la progression la plus importante »
. Le premier réseau de syndics en France tire les mêmes conclusions que Matera : « Cette hausse s’explique notamment par l’augmentation des risques climatiques, une sinistralité plus élevée qui induit une montée continue du coût des primes. »
Pour limiter les factures, Matera et Foncia recommandent de mettre en concurrence chaque année les contrats d’assurance et de maintenance de la copropriété. Émilie Allain conseille de lire les contrats et d’éliminer les garanties qui ne servent pas à l’immeuble : « Analyser les dépenses pour identifier les gisements d’économies, optimiser les contrats et les postes de charges concernés et pérenniser les économies dans le temps grâce à un suivi régulier. »
*Le baromètre des charges de copropriété Matera est réalisé à partir de l’analyse de 5 390 copropriétés en 2025, représentant 55 386 lots, et de 4 511 copropriétés en 2024, représentant 49 592 lots.




