mardi, juin 23

  • Cela fait 10 ans que le Royaume-Uni a décidé de sortir de l’Union européenne.
  • L’occasion de faire le point sur les thèmes qui ont joué un rôle clé lors du référendum.

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Voilà une décennie que le Royaume-Uni a décidé de ne plus être membre de l’Union européenne. Le 23 juin 2016, les Britanniques choisissaient à 51,89 % des voix de quitter l’UE en 2020. Dix ans plus tard, il est l’heure de faire un premier bilan : quelle est la situation du pays du point de vue de l’immigration, du commerce et de l’économie ? TF1info fait les comptes.

Immigration, la fuite des Européens

Les partisans du Brexit promettaient que le pays reprendrait le contrôle de ses frontières en mettant fin à la liberté de circulation entre le continent et le Royaume-Uni. Si l’immigration européenne a plongé depuis, celle en provenance de pays hors UE a explosé.

Entre 2012 et 2016, les ressortissants de l’UE constituaient entre 74 et 81% de l’immigration nette au Royaume-Uni, soit en moyenne 250.000 personnes par an sur cette période, selon l’Office national des statistiques (ONS). Sur la même période, l’immigration nette en provenance de pays hors UE était relativement faible, entre 61.000 et 90.000 personnes par an.

Après le référendum, l’immigration nette venue de l’UE a chuté pour atteindre 70.000 en 2020. L’immigration nette de pays hors UE a elle au contraire doublé de 90.000 en 2016 à 186.000 en 2019, avant de retomber à 101.000 en 2020 pendant la pandémie de Covid-19.

Après 2021 et l’entrée en vigueur du Brexit, la tendance s’est accentuée. L’immigration nette hors UE a atteint un million de personnes en 2023, tandis que l’immigration nette européenne est devenue négative : les ressortissants de l’UE quittant le Royaume-Uni sont devenus plus nombreux que ceux y arrivant. Le départ des Polonais a été le principal facteur dans la baisse de l’immigration européenne. Beaucoup d’entre eux ont été incités au retour par l’économie florissante de leur pays d’origine. Ainsi, l’immigration nette globale a depuis baissé, à 308.000 en 2025, et continue à provenir entièrement de pays hors UE.

Économie, un léger retard

Les partisans du Brexit affirmaient que la sortie de l’UE aurait peu d’effet sur la santé de l’économie britannique, tandis que ses opposants estimaient que quitter le marché commun déclencherait une crise.

Selon les chiffres bruts du PIB publiés par l’OCDE, l’économie britannique a suivi globalement l’évolution des autres économies avancées dans les premières années après le référendum de 2016, mais elle a progressivement pris du retard sur les États-Unis et le Canada depuis le début des années 2020.

Le Royaume-Uni a enregistré des résultats légèrement moins bons que l’UE au lendemain du référendum, et a été plus durement touché que ses voisins européens pendant la pandémie. Toutefois, la reprise qui a suivi a été plus forte, avec une croissance du PIB britannique supérieure à celle de l’UE immédiatement après sa sortie du marché unique en 2021, mais elle a pris un très léger retard par rapport à l’Europe en 2023, 2024 et 2025.

Commerce, un équilibre difficile à trouver

Les partisans de la sortie du marché unique affirmaient qu’elle permettrait au Royaume-Uni de commercer davantage avec le reste du monde. Ses opposants estimaient que rompre les liens avec son principal marché mènerait au désastre.

Dans les faits, les exportations de marchandises vers l’UE ont baissé de 205 milliards de livres en 2016, en données corrigées de l’inflation, à 185 milliards de livres en 2025 (environ 214 milliards d’euros), malgré un bref rebond après la pandémie. Sur la même période, les importations de marchandises en provenance de l’UE n’ont diminué que modestement, creusant le déficit commercial du Royaume-Uni pour les marchandises avec l’UE, passé de 113 milliards à près de 140 milliards de livres, selon les données de l’ONS. 

Les exportations de marchandises vers les pays non membres de l’UE, restées stables entre 2016 et 2025, n’ont pas compensé cet écart. En revanche, grâce à la forte croissance des exportations de services vers le monde entier, les exportations totales du Royaume-Uni ont augmenté de 765 milliards à 908 milliards de livres sur la même période.

Les importations totales ont toutefois augmenté à un rythme plus élevé, portant le déficit commercial du Royaume-Uni à environ 65 milliards de livres en 2025, soit 3 milliards de plus qu’en 2016.

Emma ALLAMAND avec AFP

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