samedi, mars 7

  • Sept Français sur dix disent avoir du mal à se loger.
  • Face à cette situation, que proposent les candidats aux municipales ?
  • Le JT de TF1 s’est rendu à Pessac, en Gironde, où la crise du logement est au cœur de l’élection.

Suivez la couverture complète

Le 13H

À Pessac, en Gironde, Florine Dosseur, auto-entrepreneuse, arpente les rues sans relâche depuis 4 mois à la recherche d’un pavillon proche de son nouveau travail. Mais c’est une mission quasi impossible. « Voici tous les logements, donc appartements et maisons, auxquels on a envoyé notre dossier », montre-t-elle devant la caméra de TF1. Elle a même dépensé 300 euros dans un site pour recevoir en exclusivité les dernières petites annonces. « Le problème aujourd’hui à Pessac, c’est qu’il y a beaucoup plus de demandes que d’offres. Le marché est complètement saturé », estime-t-elle dans le reportage ci-dessus. Cette commune est en effet réputée pour son cadre de vie, ses nombreux commerces. Et elle se situe à 10 minutes de la gare de Bordeaux en transports en commun pour des loyers plus abordables. 

Autre élément, la ville héberge de nombreux établissements d’enseignement supérieur comme Sciences Po et une partie de l’université. Soit des centaines d’étudiants qui entrent en concurrence avec les habitants sur le marché du logement. Cette difficulté est bien connue des agents immobiliers. Pour acheter comme pour louer, ils reçoivent à chaque fois des dizaines de candidatures. « Globalement, pour un appartement, on va faire probablement entre 10 et 15 visites, après un tri, car on a beaucoup plus de demandes que ça », explique Damien Chauveau, agent immobilier chez Foncia. Conséquence, les propriétaires sont de plus en plus exigeants. 

Il faut savoir que pour démolir une tour, il faut la grignoter. On ne va pas appuyer sur le bouton pour qu’elles explosent. C’est à peu près 5 millions d’euros.

Sébastien Saint-Pasteur, candidat socialiste, principal adversaire du maire sortant.

Agnès Bernatets, mère de famille, cherche, elle, un appartement à louer depuis un an. « J’en suis à plus de 40 visites en quelques semaines. C’est très compliqué de trouver sur Pessac, Talence et les environs », affirme-t-elle. Pourtant, à Pessac, le nombre de logements a augmenté de plus de 20% depuis la première élection de Franck Raynal à la mairie en 2014. Cette année, il brigue un troisième mandat. Que répond-il face à ce manque de logements ? « Disons que c’est la rançon du succès. C’est l’attractivité du territoire. En même temps, on ne peut pas densifier et transformer la ville au point qu’on ne la reconnaîtrait plus », dit-il. 

L’attention est d’autant plus forte que la mairie prévoit de démolir trois des huit tours du quartier de Saige, soit 373 logements dont il faudra reloger les habitants. Georgette Lescure, retraitée, vit là depuis 1979. Elle est fermement opposée à ce projet immobilier. « J’ai 88 ans. Je vois du monde. On se parle et tout. Pour l’instant, je ne veux pas partir », assure-t-elle. Ces habitants, mobilisés contre ces démolitions, sont soutenus à gauche par Sébastien Saint-Pasteur, le candidat socialiste, principal adversaire du maire sortant. Lui préférerait rénover les immeubles. « Ce n’est pas plus coûteux. Écologiquement, c’est bien moins impactant. Il faut savoir que pour démolir une tour, il faut la grignoter. On ne va pas appuyer sur le bouton pour qu’elles explosent. C’est à peu près 5 millions d’euros. Les coûts de démolition sont colossaux », souligne-t-il.

À Pessac, le logement est au cœur de l’élection municipale. Alors, à chaque candidat, sa solution. « Nous avons prévu la mise en place d’une brigade du logement. Et nous avons décidé de mettre en place un encadrement des loyers », promet ainsi Philippe Jaouen, tête de liste LFI. Quant à Bérangère Couillard, ancienne ministre et tête de liste Divers Centre, elle pense, de son côté, qu’« il y a trop peu de concertation avec les habitants, qui ne sont pas toujours entendus dans le cadre de concertations ». Deux autres candidats sont également en lice pour le NPA et le RN. Tous espèrent devenir les prochains locataires de la mairie de Pessac.

La rédaction de TF1info | Reportage : Thibault PETIT et Cléa JOUANNEAU

Share.
Exit mobile version