mercredi, février 11

Il a été l’amant de Nicole Kidman dans Babygirl, incarnera bientôt John Lennon à l’écran, et Urchin, sa première réalisation, sort en France ce mercredi 11 février: à 29 ans, le très convoité Harris Dickinson tente de garder les pieds sur terre.

« Parfois je suis très confiant, je suis une personne tenace, mais je suis aussi plein de doutes. Mais je pense que c’est sain, sinon je serais mégalomane, arrogant et probablement dangereux », confie l’acteur à BFMTV.

La « hype » qui l’entoure ne cesse pourtant de s’amplifier depuis sa révélation en top model désorienté et amoral dans Sans filtre de Ruben Östlund, Palme d’or à Cannes en 2022.

En 2024, Babygirl en a fait un jeune stagiaire pris dans une relation torride avec une PDG campée par Nicole Kidman, et le réalisateur oscarisé Sam Mendes l’a choisi pour incarner John Lennon dans un biopic monumental sur les Beatles, qui sera découpé en quatre films pour autant de garçons dans le vent.

« Ma première réaction a été le choc, puis le scepticisme. ‘Est-ce que vous êtes sûrs de vouloir que je fasse ça?' », se remémore l’acteur, qui s’est entraîné pour ce rôle pendant un an. « J’ai pu apprendre la guitare, le piano et le chanson », relate-t-il.

Le tournage est en cours et l’agenda de Harris Dickinson très chargé. Gueule d’ange, carrure d’athlète et regard triste, Harris Dickinson est également régulièrement cité parmi ceux qui pourraient reprendre le rôle de James Bond, laissé en friche par Daniel Craig depuis Mourir peut attendre en 2021.

« Fascination »

En plus de ses rôles, le Britannique a pris le temps de signer sa première réalisation, Urchin, qui a eu les honneurs de la sélection cannoise au printemps 2025. La projection sur la Croisette, dans la catégorie Un certain regard, lui a causé des nausées en raison du stress.

Dickinson y filme les errements d’un sans-abri après sa sortie de prison, dont les écarts et les abus de psychotropes finissent par épuiser ses proches. « J’ai de l’empathie et ça me tient à cœur, explique le jeune cinéaste pour expliquer ce choix de sujet. Je me sens triste et en colère à propos de ça. Ce qui a peut-être conduit à une fascination, une intrigue, un espoir de le comprendre, d’aider les gens à le comprendre. »

Le combat contre les comportements autodestructeurs ne lui est pas étranger, lui qui a vu les ravages de l’alcool dans sa famille et qui évolue dans une industrie du divertissement notoirement sujette aux addictions. Pour ses prochains rôles, Harris Dickinson veut sonder encore davantage la part sombre de l’humanité.

« Je m’intéresse à l’idée de ce qui se passe quand la société s’effondre, ce qui se passe quand il ne nous reste rien ou qu’on est dépouillé de tout », affirme-t-il à l’AFP, même s’il prend soin de ne pas trop plonger dans les tourments réels de notre époque.

« Il m’arrive de traverser des périodes où je me coupe un peu de l’actualité parce que je peux devenir obsessionnel », relate-t-il. « Je ne pense pas que nos cerveaux et nos organismes soient conçus pour être aussi connectés à l’injustice, à la tragédie et à l’obscurité ».

Article original publié sur BFMTV.com

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