samedi, avril 4

Le nouveau maire de Saint-Denis prend la parole. Après avoir cosigné une tribune dans le journal Le Monde avec onze maires issus de l’immigration pour dénoncer la discrimination raciale subie avant, pendant et après la campagne municipale, Bally Bagayoko organise « un grand rassemblement citoyen » contre le racisme devant sa mairie à Saint-Denis à partir de 14 heures.

Depuis son élection, le nouvel édile insoumis subit une importante vague de haine sur les réseaux sociaux. Interrogé sur France Info ce samedi matin, il a dénoncé le « silence » du gouvernement, et en particulier celui d’Emmanuel Macron.

« Il est quand même président de la République, il a une responsabilité haute. Sa parole a une force importante », a expliqué l’élu au micro de nos confrères.

« Il se disqualifie à jamais »

En Conseil des ministres, selon des informations du Figaro, le président de la République aurait martelé que « la République est partout chez elle et l’État de droit doit s’appliquer partout » après le lynchage de nombreux maires sortants. Mais pour l’heure, le président de la République n’a pas pris position publiquement sur le sujet des potentielles violences racistes subies par les élus.

« J’attendais juste qu’il prolonge son propos en ayant à la fois des mots, mais surtout des propos rassurants pour celles et ceux qui sont victimes de ces actes et propos racistes. Ce sont les maires, mais aussi l’ensemble des citoyens », a insisté Bally Bagayoko auprès de France Info.

« Il ne le fait pas, en tout cas pas pour l’instant… C’est regrettable. En le faisant, il se disqualifie à jamais concernant une cause essentielle. Son silence confirme qu’il n’est pas engagé dans cette lutte », a ajouté l’élu LFI.

L’élu dit regretter l’absence d’Aurore Bergé au rassemblement

Au cœur de la vague de haine dont il est victime, l’homme de 52 ans a dénoncé la déformation de ses propos dans les médias et « la fabrication de polémiques ». Dans la tribune publiée dans Le Monde, il regrette que sa phrase « la ville des rois morts et du peuple vivant » ait été transformée en « la ville des Noirs ».

Sur la chaîne CNews – qui conteste « formellement que quelque propos raciste ait été tenu » – des liens ont été établis entre Bally Bagayoko et « la famille des grands singes », ainsi qu’une attitude de « mâle dominant ». Une enquête a depuis été ouverte.

De nombreuses personnalités politiques de gauche, notamment les cadres de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou, participeront au rassemblement contre le racisme ce samedi aux côtés de syndicats et associations. Néanmoins, Bally Bagayoko a regretté l’absence de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.

« Elle m’a appelé à plusieurs reprises et je tenais à la remercier. Sa place était clairement à nos côtés. S’il y a bien une ministre qui aurait dû être présente, c’est bien elle », a-t-il estimé.

Article original publié sur BFMTV.com

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