- Il est interdit aux particuliers de vendre des chiots ou des chatons, et de formuler toute annonce pour la vente d’animaux domestiques.
- Une réglementation contournée grâce à de fausses annonces de dons, qui restent légales.
- Une équipe de TF1 a mené l’enquête dans la région de Metz.
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Animaux de compagnie
Il suffit d’une simple recherche sur une plateforme en ligne comme Leboncoin pour trouver des centaines de dons d’animaux en tout genre, comme on le voit dans l’enquête du 20H ci-dessus. Des annonces qui ne sont pas interdites (nouvelle fenêtre), mais qui cachent parfois un marché noir, où les animaux sont en fait vendus une fois l’utilisateur contacté en privé. Une pratique illégale depuis janvier 2024 pour les particuliers, qui ne peuvent pas vendre de chiot ou de chaton sans avoir le statut d’éleveur, ni formuler d’annonce pour la vente de tout animal domestique.
« On est obligé de mettre ‘don’, sinon l’annonce n’apparaît pas »
« On est obligé de mettre ‘don’, sinon l’annonce n’apparaît pas »
, précise même l’auteur d’une annonce de ce type lors d’un échange avec le journaliste de TF1. Un autre est plus direct : « Nous les vendons 250 euros et demandons à la future famille de les identifier. C’est-à-dire de les pucer »
. Notre équipe a pris contact avec une personne qui propose 4 chiots « en don ». Nous lui indiquons être intéressés, rendez-vous est pris sur le parking d’un supermarché, en banlieue de Metz, pour une rencontre filmée en caméra discrète.
Les chiots sont exposés dans une cage, installée dans le coffre de la voiture. « Ils sont à 900 euros, mais je ne les ai pas fait vacciner et pas pucer, alors je les ai abaissés, je les ai mis à 700 euros »
, annonce d’emblée la vendeuse, pour qui il n’a jamais été question de don. Aucun document n’est échangé : « Non, je les vends comme ça »
, explique-t-elle. La transaction est payante, et de ce fait illégale (nouvelle fenêtre).
Des circuits non sécurisés
Les propriétaires enfreignent aussi la loi en vendant des chiens qui ne sont pas en règle, comme nous l’explique la responsable du refuge SPA de Thionville (Moselle). « Au niveau légal, tous les animaux, carnivores domestiques, que ce soit chien, chat, ou furet, doivent être identifiés par puce électronique, primo-vaccinés, et surtout avoir un certificat de bonne santé qui date de moins de trois mois »
, détaille Jennifer Megna.
Les annonces en ligne sont dans le viseur de nombreuses associations de protection animale, car elles permettent à des individus soupçonnés ou condamnés pour maltraitance animale de se procurer des animaux en dehors des circuits sécurisés. « On a été en enquête maltraitance chez une personne pour retirer un Malinois qui vivait avec du barbelé en guise de muselière. On a retiré ce chien »
, témoigne la responsable du refuge. « Six mois après, on a eu une nouvelle alerte, on est retourné chez cette personne, ça a duré pendant cinq ans. Pendant cinq ans, on lui a retiré cinq chiens. Et à chaque fois, c’étaient des chiens passés de main en main, via les petites annonces »
, affirme-t-elle.
Des annonces difficiles à débusquer
Pour Yann, venu au refuge à la recherche d’une chienne à adopter, il est inconcevable de passer par Internet. « Moi, je passerai pas par leboncoin, sinon je serai pas venu ici. Leboncoin, il sert pour vendre du mobilier, des voitures, des motos, enfin tout ce que vous voulez, mais pas pour des animaux »
, estime-t-il.
Interrogée sur la présence de ces annonces de vente maquillées en don, elle se défend : « Nous ne disposons pas toujours d’éléments objectifs permettant de justifier un retrait, notamment lorsque l’intention réelle de la transaction n’est pas explicitement mentionnée dans l’annonce »
. Autrement dit, difficile de retirer une annonce de don si on ne peut pas démontrer qu’elle cache une vente.
« Il n’y a pas réellement de contrôle »
, regrette une avocate du barreau de Metz, membre d’une association de défense des animaux, qui estime que c’est avant tout l’argent qui motive ces vendeurs peu scrupuleux. Quand on lui montre notre rencontre sur un parking, avec des chiots proposés à 750 euros, elle réagit. « Et il y a combien de chiots ? Quatre. Voilà, vous faites vite le calcul, vous comprenez pourquoi ce trafic prospérera tant que les pouvoirs publics n’y mettront pas fin. C’est extrêmement lucratif »
, souligne-t-elle.
Roxane Jurion préconise l’arrêt de toutes les annonces concernant des animaux sur ces sites, y compris celles qui proposent des dons, quitte à disqualifier même celles qui sont authentiques. « Personnellement, je suis favorable à une interdiction. C’est limite dommage d’en arriver là, mais je pense qu’il n’y a que de cette façon qu’on pourra mettre un terme à ces dérives »
, conclut l’avocate. Vendre ou céder un animal non-pucé ou sans certificat vétérinaire est passible de 750 euros d’amende.




