- L’augmentation de la contribution sociale généralisée pèse davantage sur votre réserve d’or.
- Si vous choisissez le régime de la plus-value, la taxation des métaux précieux augmente en 2026.
- Mais pour Anthony Busco, responsable commercial d’AuCoffre.com, cette évolution ne doit pas modifier votre stratégie d’investissement.
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Bien gérer son épargne
Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’once d’or a plus que doublé. En quatre an, il est passé de 1.800 euros à près de 4.000 aujourd’hui. Cette ruée vers l’or profite aux investisseurs qui font la queue pour récupérer la valeur de leur métal précieux. Pour rappel, l’or reste exempté de la TVA. Il faut néanmoins acheter des lingots Or, lingotins Or, jetons, barres ou plaquettes, avec un poids supérieur à 1 gramme et à la pureté au moins équivalente à 995/1000. Les pièces Or doivent supporter une pureté supérieure ou égale à 900/1000 avec une date d’émission postérieure à 1800. À noter que le prix de vente de la pièce ne doit pas dépasser de 80% la valeur de l’or qu’elle contient.
Mais en Belgique, une nouvelle taxe sur les bénéfices des investissements spéculatifs de 10% s’ajoute à la taxe de 33% sur les plus-values réalisées par les particuliers. Cette double taxation comprend les métaux précieux. En France, la taxation de l’or évolue également à la marge. Au-delà de 5.000 euros de reventes, une taxe forfaitaire de 6% plus la CRDS de 0,5% s’appliquent dès le premier euro d’achat. Vous pouvez également opter pour le régime de la plus-value des biens meubles. Avec l’augmentation de la CSG, depuis le premier janvier, la taxe s’élève au global à 37,4% (19 % d’impôt + 18,4 % de prélèvements sociaux). Notez que vous bénéficiez d’un abattement de 5% par an dès la deuxième année de détention. Autrement dit, vous profitez d’une exonération totale après 22 ans.
De quoi stopper l’appétit pour le métal jaune ? Anthony Busco, responsable commercial du groupe AuCoffre.com, estime que ces changements de taxation ne remettent pas en cause le statut de cette valeur refuge pour les investisseurs : « En investissement, une des règles élémentaires consiste à ne pas se baser sur la taxation des produits. Il ne faut pas choisir d’investir en fonction de la fiscalité. Les fondamentaux de l’or restent les mêmes. Cette hausse de la fiscalité peut faire réfléchir certains possesseurs de lingots ou de pièces d’or. »
Aucoffre.com, spécialiste de l’investissement dans les métaux précieux, dépasse aujourd’hui l’équivalent d’un milliard d’euros en or sous gestion. La mise en place de la surtaxe belge n’étonne pas Anthony Busco : « Elle pourrait rapporter un demi-milliard d’euros à la Belgique. Ce revenu du capital n’était pas encore taxé à Bruxelles. En France, nous sommes déjà très taxés dans ce domaine et les pays européens vont progressivement se calquer sur nous. »
« Déduire des impôts les moins-values »
En revanche, la Belgique instaure une déduction fiscale des moins-values. En d’autres termes, si vous investissez régulièrement et que vous perdez de la valeur sur certaines de vos mises, les impôts le prennent en compte et soustraient de vos bénéfices les pourcentages évaporés. « Nous défendons cette idée. Cela permettrait d’avoir un compte de résultat plus équilibré avec la seule plus-value nette annuelle de taxer »
, assure Anthony Busco. L’explosion de l’or incite les investisseurs à vendre pour récupérer de la plus-value : « L’or était jusqu’à présent une valeur défensive que les membres d’une famille se transmettaient d’une génération à une autre. Mais la volatilité de l’or transforme ce métal en actif qui génère des profits. »
Mais faut-il faire attention à la bulle spéculative ? Pas forcément, assure Anthony Busco : « Les banques centrales, notamment des pays émergeants, la Chine ou l’Inde, en achètent massivement. Il s’agit d’une dédollarisation pour se désolidariser de la politique internationale des États-Unis. L’invasion russe en Ukraine a fracturé la communauté internationale. Ces pays pensent que les Américains peuvent bloquer à tout moment les réserves en dollars s’ils ne se trouvent pas sur la même ligne qu’eux. L’or n’est la dette de personne et détenir de l’or contourne toute faillite bancaire »
, conclut le spécialiste.




