mercredi, janvier 28

Le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire de l’entreprise française d’appareils d’électroménager Brandt. Cette décision a mis un terme brutal à la mobilisation des salariés, des élus locaux, de l’Etat et du Groupe Revive autour d’une offre de reprise et d’une solution industrielle crédible, portée par les salariés en société coopérative et participative (SCOP). Ce scénario n’est malheureusement pas nouveau.

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Nous avons vu, ces derniers mois, défiler plusieurs dossiers où la reprise par les salariés aurait pu sauver les savoir-faire, l’emploi et la production industrielle. Dans le cas de Sitek Insulation [entreprise spécialisée dans les panneaux isolants à Wissembourg, dans le Bas-Rhin], liquidée en mars 2023, l’offre des salariés a été écartée. Tout comme celle du site chimique de Vencorex, passé sous pavillon étranger. A chaque fois, nous assistons, impuissants, à la disparition d’outils décisifs pour notre souveraineté.

La reprise en SCOP de Duralex [marque française qui fabriquant de la vaisselle en verre trempé], en juillet 2024, a rappelé que d’autres chemins existent. En novembre 2025, l’entreprise a levé, en vingt-quatre heures, 5 millions d’euros de promesses d’investissement, preuve de l’attachement des citoyens à notre patrimoine industriel. Mais elle révèle aussi la frilosité de l’Etat lorsqu’il s’agit de soutenir un projet porté par les salariés. La SCOP Duralex n’avait obtenu que 750 000 euros de prêt de l’Etat à sa création, après négociation d’un taux d’intérêt fixé initialement à 14 %. A cet égard, la position du gouvernement dans le dossier Brandt est une avancée qu’il faut saluer.

Angle mort

Pour autant, les occasions manquées se suivent et se ressemblent. Dans le compte à rebours des procédures collectives, le retard à l’allumage se paie cher. Les scénarios alternatifs doivent être pensés dès les premiers signaux d’alerte. La préparation des salariés est également essentielle : la loi Hamon de 2014 prévoyait une information triennale sur la santé de l’entreprise et les modalités de reprise par les salariés dans les entreprises de moins de 250 salariés, qui n’est pas appliquée et pourrait être élargie.

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