Les conseillers prud’hommes chargés de se prononcer sur le licenciement de l’ex-humoriste de France Inter Guillaume Meurice n’ont pas réussi à s’accorder sur un jugement et l’affaire sera tranchée lors d’une nouvelle audience dont la date reste à déterminer, a annoncé son avocat ce lundi 9 février.
Limogé par Radio France en 2024 pour avoir qualifié à deux reprises le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de « nazi sans prépuce », Guillaume Meurice conteste la légalité de son licenciement et réclame quelque 400.000 euros de dommages et intérêts à Radio France.
Son ancien employeur assure, lui, que l’humoriste a commis une « faute grave » et manqué à son « devoir de loyauté » en réitérant cette phrase polémique à l’antenne malgré un avertissement. Cette affaire avait provoqué des turbulences au sein de la première radio de France et ravivé le débat sur les limites de la liberté d’expression.
« Un humoriste pourrait être jugé pour une blague »
Faute d’accord entre les quatre conseillers prud’hommes qui ont examiné le dossier lors de l’audience début décembre, l’affaire est renvoyée à « un juge départiteur », un magistrat professionnel qui devra « départager les voix », a déclaré Me Hugues Dauchez, l’avocat de l’humoriste.
« Il faut être patient mais, devant les prud’hommes, il faut toujours être patient », a commenté Guillaume Meurice aux côtés de son avocat, insistant de nouveau sur l’enjeu de ce dossier à ses yeux.
Selon l’humoriste, passé depuis sur Radio Nova, sa défaite devant les tribunaux signifierait « qu’un humoriste pourrait être jugé pour une blague, pourrait être viré pour ce motif-là, pour une blague qui a déplu à la direction ».
L’origine de l’affaire remonte au début novembre 2023, quand Guillaume Meurice suggère dans un sketch sur Halloween un « déguisement » de Benjamin Netanyahu, « sorte de nazi mais sans prépuce ». Ces propos, tenus quelques semaines après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël et le début de la guerre à Gaza, provoquent une tempête médiatique et lui valent des accusations d’antisémitisme.
L’humoriste est alors entendu par la police dans le cadre d’une enquête pour provocation à la haine, ultérieurement classée sans suite faute d’infraction suffisamment « caractérisée ».
S’estimant blanchi, Guillaume Meurice reprend l’expression à l’antenne en avril 2024 et déclenche une nouvelle et ultime tempête. Mi-juin 2024, la direction de Radio France le licencie, malgré l’opposition des syndicats et de la rédaction de France Inter, qui dit alors redouter un « précédent grave » pour la liberté d’expression.
Article original publié sur BFMTV.com




