vendredi, février 13

“Jour 41. Les enfants demandent à quoi servait cette grosse boule jaune dépeinte dans les livres. Nous ne vivons plus dans un pays mais dans un centre de lavage auto.” L’exaspération, teintée d’une bonne dose d’humour britannique, inonde les réseaux sociaux en ce début d’année, outre-Manche, constate le tabloïd Daily Mirror dans cet article publié le 11 février.

Il faut dire que le Royaume-Uni enchaîne les épisodes pluvieux exceptionnels depuis quelques semaines. C’est bien simple : certaines régions du pays n’ont eu le droit à aucun répit. À Exeter, dans le sud-ouest de l’Angleterre, la station météorologique de l’aéroport local a, par exemple, recensé des précipitations chaque jour de 2026, relayait The Times le 7 février. Même constat dans le comté du Devon : 41 jours consécutifs de crachin, d’averses et de déluges occasionnels au 11 février. Il a à nouveau plu sur le royaume les 12 et 13 février.

“L’Irlande du Nord a enregistré son mois de janvier le plus humide depuis cent quarante-neuf ans, ajoute The Guardian. Dans le sud de l’Angleterre, le niveau de précipitation se situait entre 56 % et 88 % au-dessus de la moyenne à long terme.” Même la ville la plus ensoleillée d’Écosse, Aberdeen, a été privée de “la grosse boule jaune” pendant trois semaines, entre le 21 janvier et le 12 février, du jamais-vu depuis 1957.

Jet-stream dévié vers le sud

Le Royaume-Uni a beau souffrir d’une réputation de pays gris et pluvieux, les hivers précédents avaient été plutôt secs. Parfois trop secs, même, pour permettre aux nappes phréatiques de retrouver un niveau convenable. Cette année, la succession de tempêtes (trois au mois de janvier) et d’alertes aux inondations (plus d’une centaine encore actives le 11 février), découle de la persistance d’une dépression au-dessus des îles Britanniques, coincée par la présence d’un anticyclone solidement installé en Scandinavie, plus à l’est. “Lorsqu’un anticyclone se retrouve bloqué, il empêche les dépressions de s’évacuer”, résume Sky News.

D’après les explications des météorologues interrogés par la chaîne de télévision privée, le phénomène est alimenté par un jet-stream – ce courant d’air qui circule autour de la Terre d’ouest en est – particulièrement puissant. “L’air très froid situé au-dessus de l’Amérique du Nord a renforcé le jet-stream, vulgarise Neil Armstrong, du Met Office (l’équivalent de Météo France) auprès du Guardian. Le courant a donc charrié des vagues de pluie depuis l’Atlantique à une fréquence importante.” Conséquence de la situation de blocage, le jet-stream a plongé vers le sud, où le courant d’air a renforcé des tempêtes dévastatrices, observées en Espagne et au Portugal ces dernières semaines.

[…] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Share.
Exit mobile version