
L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS
C’est une histoire vieille comme Hollywood : aux grandes périodes de disette érotique suivent des épiphanies où l’industrie fait mine de redécouvrir le sexe à l’écran – et en fait tout un plat. Il y a eu dernièrement le phénomène littéraire et cinématographique Cinquante nuances de Grey : les trois romans (JC Lattès, 2012 et 2013) et leurs adaptations (2015-2018) ont remis au goût du jour un érotisme ombrageux et grand public. La recette, elle, est on ne peut plus simple : la résurgence d’un gothique féminin hérité des romans des sœurs Brontë, réactualisé à la sauce sadomasochiste.
Ainsi naît la « dark romance », un sous-genre littéraire en pleine expansion, qui a son public, ses salons littéraires, ses auteurs cultes – contrechamp affriolant à l’ère post-MeToo, la dark romance formule un en-dehors de la bienséance.
A ce jeu-là, l’auteurisme hollywoodien avait à son tour une carte à jouer : sorti pour la Saint-Valentin, créneau habituel de Cinquante nuances de Grey, voici Hurlevent, dark romance d’auteur à 80 millions de dollars qui, depuis son annonce, nourrit les fantasmes en promettant moult scènes torrides entre ses deux superstars : d’un côté, Margot Robbie, actrice et productrice surpuissante depuis l’énorme carton de Barbie (2023) ; de l’autre, Jacob Elordi, sex-symbol ténébreux de 1,96 mètre. A la réalisation, Emerald Fennell, réalisatrice d’un premier film (Promising Young Woman, 2020) qui surfait peut-être trop habilement sur la demande de fictions post-MeToo.
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