samedi, septembre 5

Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, sont attendus à Moscou puis à Kiev ce week-end, porteurs selon le président américain d’une proposition pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

« Nous les avons envoyés pour voir si nous pouvions faire avancer les choses, et il y a une bonne chance pour que nous y parvenions », a affirmé M. Trump aux journalistes depuis le Bureau ovale.

Selon le média Axios, MM. Witkoff et Kushner se rendent d’abord à Moscou pour des entretiens avec le président russe Vladimir Poutine samedi, puis à Kiev dimanche pour y voir le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Donald Trump n’a pas précisé si la proposition dont ils sont porteurs impliquait une cession de territoire de la part de l’Ukraine, comme il l’avait laissé entendre auparavant, mais il a déclaré: « Nous avons une idée pour la paix. »

Ce sera la première fois que MM. Kushner et Witkoff se rendront à Kiev, ville ravagée par la guerre. Les deux émissaires américains se sont déjà rendus à Moscou, pour la dernière fois en janvier.

Le président américain a attribué la guerre, qui a débuté avec le lancement d’une offensive russe contre l’Ukraine en février 2022, à un « problème de personnalité » entre MM. Zelensky et Poutine.

M. Zelensky a proposé de respecter un cessez-le-feu avec la Russie pendant la tournée des émissaires américains.

« Il n’y aura pas de frappes aériennes de notre part, et la Russie doit, en contrepartie, garantir un cessez-le-feu – sans mener ses propres frappes aériennes – pendant toute la durée nécessaire à la conduite de ces pourparlers », a déclaré M. Zelensky dans son allocution vendredi soir.

Moscou n’a pour l’instant pas confirmé la visite, ni répondu à la proposition de M. Zelensky.

Le déplacement, événement rare, du directeur de la CIA, John Ratcliffe, la semaine dernière à Moscou, avait suscité de nombreuses spéculations. Selon le Kremlin, il a rencontré les services de renseignements russes. Le président des Etats-Unis a qualifié ce déplacement de « semi-routine ».

– Le centre de Kiev attaqué –

Depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, M. Trump a amorcé plusieurs cycles de pourparlers pour tenter de trouver une issue au conflit, qui pour l’heure n’ont mené à aucune avancée tangible.

Vendredi, une spectaculaire attaque de drone russe a visé en plein centre historique de Kiev le siège des services de sécurité ukrainiens (SBU).

« Le drone visait directement le bureau du chef du service de sécurité », Oleksandre Poklad, a affirmé le président ukrainien, précisant s’être entretenu avec ce dernier et l’avoir chargé d' »apporter une réponse appropriée et tangible » à l’attaque. 

M. Poklad n’était pas dans son bureau au moment de la frappe, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP.

Volodymyr Zelensky a ensuite diffusé sur la messagerie Telegram deux photos le montrant en train de discuter avec le chef du SBU. « Les zones à cibler ont été identifiées. Le moment sera choisi de manière à garantir une issue favorable », a-t-il écrit.

Des journalistes de l’AFP ont vu de la fumée s’élever au-dessus du centre-ville, tandis que de nombreux passants observaient le travail des services de secours dépêchés sur place.

Quinze personnes ont été blessées, a indiqué l’administration militaire de la capitale, sans préciser si elles se trouvaient dans le bâtiment visé.

Moscou a multiplié ces dernières semaines ses frappes de drones et missiles de jour comme de nuit sur Kiev et d’autres villes du pays, où les alertes aériennes se succèdent à un rythme de plus en plus rapproché. Cet été, l’armée ukrainienne a également intensifié ses bombardements en Russie, parfois très loin du front, disant cibler des infrastructures logistiques, militaires et énergétiques.

M. Zelensky a prévenu cette semaine que l’espace aérien russe était à présent dangereux en raison des drones ukrainiens, avertissement qualifié par son homologue russe Vladimir Poutine de « terroriste ».

Kiev a indiqué mercredi avoir officiellement notifié cette situation à l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Et vendredi, Moscou a demandé à l’OACI de « condamner » les déclarations « illégales » de Kiev.

burx-roc/tmt

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