lundi, mars 16

  • Les pays de l’UE ont écarté lundi l’envoi dans le détroit d’Ormuz de la mission Aspides.
  • « Personne ne veut participer activement à cette guerre », a répondu la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas.
  • Donald Trump compte néanmoins sur les pays de l’Otan afin de sécuriser ce passage maritime stratégique pour les exportations mondiales de pétrole.

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Malgré les pressions répétées de Donald Trump, les pays européens ne cèdent pas. Réunis à Bruxelles ce lundi 16 mars, les chefs de la diplomatie de l’UE ont encore écarté l’idée d’envoyer dans le détroit d’Ormuz la mission européenne de protection du trafic maritime Aspides. « Personne ne veut participer activement à cette guerre », a déclaré devant la presse la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, à l’issue de la réunion.

« Pour l’instant, il n’y a pas de volonté de modifier le mandat de l’opération Aspides », a ajouté la vice-présidente de la Commission européenne. Cette mission navale de l’UE, composée de trois navires militaires, est déployée en mer Rouge pour protéger les navires marchands des attaques des rebelles houtis, alliés de l’Iran, en mer Rouge. Or, pour la faire intervenir dans le détroit d’Ormuz, il serait nécessaire de modifier le mandat de cette opération.

La France avait évoqué le 9 mars une mission internationale « purement défensive » pour rouvrir le détroit, sans préciser si elle devait se faire dans le cadre de l’opération Aspides, qui comprend trois navires militaires en patrouille (un grec, un français et un italien). Mais plusieurs ministres européens, notamment espagnol ou allemand, ont exprimé lundi leurs réticences à étendre le champ d’opération de cette mission.

Nous ne participerons pas à garantir la liberté de navigation dans le détroit par des moyens militaires

Friedrich Merz, chancelier allemand

« Nous ne participons pas à cette guerre. (…) Cela signifie aussi que, tant que la guerre se poursuit, nous ne participerons pas à garantir la liberté de navigation dans le détroit par des moyens militaires », a affirmé ce lundi le chancelier allemand, Friedrich Merz, ajoutant que ce « n’est pas une affaire de l’Otan » malgré les réclamations de Donald Trump. 

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a lui aussi écarté une mission de l’Otan, mais dit travailler avec ses partenaires à un plan « viable » pour rouvrir le détroit – sans vouloir laisser Londres se faire « entraîner dans une guerre plus vaste ». Un responsable de l’Otan a indiqué à l’AFP « savoir que certains alliés discutent individuellement avec les États-Unis et d’autres pays » de mesures supplémentaires. 

Un peu plus tôt, le Japon et l’Australie, alliés historiques des États-Unis dans la région indo-pacifique, ont exclu tout envoi de moyens dans ce détroit. Pékin n’a pas non plus donné suite, malgré la menace de Trump d’annuler son voyage en Chine prévu fin mars. 

Victor GAUTIER avec AFP

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