vendredi, mars 6

Le ministère des Affaires étrangères a confirmé qu’un vol en provenance de Dubaï doit arriver dans la nuit de jeudi à vendredi, un autre vendredi dans la journée. Mais les évacuations se font au compte-gouttes et trouver un vol retour est devenu un casse-tête.

Pour sa part, Laureen est dans l’incertitude. Bloquée à Dubaï avec sa famille, la vacancière doit prendre l’avion samedi direction Nice, mais rien n’est sûr. « J’ai mon vol qui a été annulé puis reprogrammé de nouveau. On essaye avec les enfants de ne pas trop s’accrocher à cette idée parce qu’on a déjà eu plusieurs vols comme ça, proposés et annulés dans la foulée », explique-t-elle, jointe par RFI. Elle a trouvé ce vol elle-même et raconte les difficultés à joindre l’ambassade française : « Au bout de 45 minutes d’attente, quelqu’un m’a enfin répondu. C’est la première fois. Elle m’a informé qu’à ce jour, aucun vol de rapatriement n’était programmé. »

Jeune maman avec un bébé, Camille n’a pourtant pas bénéficié des premiers vols de rapatriement. Elle va payer son retour au prix fort : « Le coût des billets d’avion est vraiment énorme et on voit des billets à 2 000 € par personne, 5 000 € par personne à l’hôtel. Les Français sont tous très en colère parce que rien n’est pris en charge pour personne. Ce n’est pas normal d’être angoissée par le fait de ne pas avoir de nouvelles de son propre pays. »

D’autres vont à Mascate, la capitale d’Oman, en traversant le désert. Théo l’a fait pour prendre un vol vers la Turquie à 1 500 € : « Là, je suis actuellement à l’aéroport. Je suis arrivée mercredi matin. Il y a énormément de monde. » Ce youtubeur est en contact avec l’ambassade. Il donne des infos sur ses réseaux sociaux aux autres Français bloqués. « J’ai des dizaines de messages chaque jour de familles avec des enfants qui veulent venir et j’essaie de les aider au mieux », précise-t-il. Face à l’engorgement, le gouvernement a indiqué jeudi que des vols militaires pourraient être affrétés pour accélérer les évacuations.

Attente pesante pour les vacanciers à Tel Aviv

De nombreux Français sont aussi coincés en Israël, sans vraiment de solution pour rentrer. Élodie voulait faire découvrir le pays à ses enfants de quatre et cinq ans, rapporte notre envoyé spécial à Tel Aviv, Julien Chavanne. Mais les vacances ont viré à la galère et ce n’est que six jours après le début de la guerre qu’elle a enfin reçu un mail de l’ambassade française « en nous indiquant que la solution pour rentrer en France était de passer par l’Égypte ou la Jordanie ». Une solution inenvisageable explique la Marseillaise : « Je ne me sens pas de faire ce trajet avec mes enfants. J’estimais en tout cas faire partie des personnes prioritaires, compte tenu du fait que j’ai des enfants quand même très petits. »

Déçus par les autorités françaises, Élodie et son mari ne sont pas inquiets pour autant pour leur sécurité. Ils n’hésitent pas à profiter de la plage pour occuper les enfants, mais l’attente devient pesante : « Ça devient un peu compliqué. On est sollicités systématiquement par les alarmes et les enfants. Et c’est vrai que là, la fatigue commence à se faire sentir. »

La compagnie aérienne Transavia leur a proposé un vol mardi prochain. Élodie a besoin de croire que ce sera la bonne : « Si je n’ai pas de visibilité sur le fait de rentrer, je pense que oui, on pourrait craquer complètement. » En attendant, la famille de son mari va les accueillir tous à Raanana, à quelques kilomètres d’ici.

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En Thaïlande, des touristes français loin du conflit, mais tout de même coincé

Mais plus généralement, le trafic aérien entre l’Asie et l’Europe est fortement perturbé. De nombreux voyageurs en Asie avec des escales prévues à Dubaï, Doha ou Abou Dhabi, se retrouvent bloqués depuis le 28 février.

Pour Marjolaine et ses enfants en bas âge, la fin des vacances en Thaïlande a été chaotique, raconte notre correspondant à Bangkok, Valentin Cébron. Leur vol retour vers la France, prévu le 3 mars avec une escale aux Émirats arabes unis, a été annulé à cause de la guerre : « Je suis infirmière libérale, donc j’ai mes patients qui m’attendent, mon conjoint a une entreprise de maçonnerie. Et c’est vrai qu’on a quand même des obligations au niveau professionnel et pas mal de rendez-vous qui étaient calés à notre retour ».  La compagnie leur a proposé de les replacer sur un autre vol quelques jours plus tard : « Pour nous, dix-sept heures d’escale à l’aéroport d’Abou Dhabi avec trois enfants, ce n’était pas envisageable. »

Charlyne, son mari et ses deux enfants, eux aussi bloqués depuis le 28 février, sont dans le flou total : « La situation, elle est quand même angoissante parce qu’on ne sait pas quand est-ce qu’on pourra rentrer. Les vols directs, il en reste quelques-uns avec Air France, mais ils sont à 16 000 € pour quatre. On en est presque à réfléchir à qui se dévoue pour se casser une jambe et être rapatrié en urgence sanitaire ».  Même inquiétude pour Maxime et sa famille : « Ça empire de jour en jour, ce n’est pas dans la désescalade, bien au contraire. Vu que notre compagnie ne nous répond pas, on ne sait pas comment faire. » Alors il tente de trouver des réponses sur un groupe Facebook créé récemment par des Français coincés en Thaïlande, qui rassemble déjà plus de 600 personnes.

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