Avec notre envoyée spéciale à Ramallah, Alice Froussard
Lorsqu’elle est allée faire les courses dans la matinée du samedi 27 février sur le marché de Gaza, Oum Mahmoud a remarqué qu’il y avait plus de monde que d’habitude. L’Iran venait d’être frappé, donc chacun avait peur de manquer.
Mais très vite, les marchés se sont vidés, les prix ont grimpé en flèche. À chaque fois, soupire la mère de famille, « c’est nous qui en payons le prix ». « Les Gazaouis n’ont rien à voir dans cette nouvelle guerre, déplore-t-elle. Le peuple palestinien vit déjà la guerre et l’occupation depuis plus de 70 ans, et avant cela l’occupation britannique. Honnêtement, on vit toutes ces guerres depuis l’époque de nos arrière-arrières-grands-parents… Mais c’est trop, nos vies doivent continuer normalement. »
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Le point de passage de Rafah fermé
La bande de Gaza est surtout complètement dépendante des points de passages, là où transite l’aide humanitaire. Dès le déclenchement de l’attaque israélo-américaine, Israël a décidé de fermer l’unique passage reliant les Gazaouis au monde extérieur : Rafah à la frontière égyptienne. D’autres points de passage entre Israël et l’enclave palestinienne ont également fermé leurs portes, bloquant toute arrivées d’aide humanitaire ou de biens commerciaux pendant quelques jours.
Ce n’est que le mardi 3 mars qu’Israël a rouvert le passage de Kerem Shalom, uniquement pour permettre « une entrée progressive de l’aide ». C’est bien trop peu par rapport aux besoins, explique Amjad al Shawa, directeur de PNGO, le regroupement des ONG palestiniennes, qui nous parle en visio depuis Gaza.
Surtout, dit-il, personne ne peut sortir de l’enclave palestinienne « alors qu’il y a plus de 20 000 patients et blessés ayant besoin d’une évacuation médicale en dehors de la bande de Gaza et que le système de santé s’effondre en raison d’une grave pénurie de médicaments ».
Sans compter les bombardements qui continuent malgré le cessez-le-feu. À Gaza, tous craignent une chose depuis le déclenchement de cette guerre régionale : être oublié.
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