
Donald Trump a menacé de droits de douane, vendredi 16 janvier, les pays qui ne soutiendraient pas son plan pour acquérir le Groenland, au moment où plusieurs pays européens ont annoncé y envoyer des militaires en soutien au Danemark.
« Je vais peut-être imposer des droits de douane à des pays s’ils ne jouent pas le jeu sur le Groenland, parce qu’on a besoin du Groenland pour la sécurité nationale », a déclaré le président américain lors d’une table ronde à la Maison Blanche, à Washington, répétant son intention d’acquérir ce territoire autonome danois de l’Arctique. Il a comparé la possibilité de droits de douane autour de la question du Groenland à ses menaces lancées l’an dernier contre la France et l’Allemagne sur la question des prix des produits pharmaceutiques.
En « désaccord fondamental » avec les Etats-Unis, le Danemark, pays membre de l’OTAN, a obtenu jeudi l’envoi d’une mission militaire européenne au Groenland – mais Donald Trump a fait savoir que ce déploiement n’avait « aucun impact » sur son « objectif ».
Le chef du commandement arctique danois, le général Soren Andersen, a déclaré vendredi à l’Agence France-Presse (AFP) que les Etats-Unis, en tant que membres de l’OTAN, avaient été invités à participer à des exercices militaires au Groenland, précisant que ces exercices étaient en rapport avec la Russie.
Deux avions de transport de troupes danois ont atterri dès mercredi au Groenland. Dans la foulée, la France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejointes par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé l’envoi de personnel militaire pour une mission de reconnaissance qui s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois « Arctic Endurance », organisé avec des alliés de l’Alliance atlantique.
Une délégation du Congrès américain en visite à Copenhague
Ces renforts de taille modeste – treize pour l’Allemagne par exemple, un militaire pour les Pays-Bas et le Royaume-Uni – doivent préparer la participation de ces armées à de futurs exercices dans l’Arctique, selon des sources de défense de plusieurs pays.
La mission européenne a été annoncée dans la foulée de la rencontre mercredi entre le ministre des affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, celle du Groenland, Vivian Motzfeldt, et des dirigeants américains à la Maison Blanche.
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La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a acté jeudi l’existence d’un « désaccord fondamental » avec les Etats-Unis sur l’avenir du territoire arctique. « L’ambition américaine de prendre le contrôle du Groenland reste intacte », a-t-elle souligné. « Il s’agit bien sûr d’une situation grave et nous poursuivons donc nos efforts pour empêcher que ce scénario se réalise. » « Il existe un consensus au sein de l’OTAN sur le fait qu’une présence renforcée dans l’Arctique est essentielle pour la sécurité européenne et nord-américaine », a ajouté Mme Frederiksen. Son ministre de la défense, Troels Lund Poulsen, a annoncé qu’un plan était en cours d’élaboration pour instaurer une présence plus importante et permanente en 2026.
La première ministre danoise a rencontré vendredi une délégation bipartisane du Congrès américain en visite à Copenhague pour affirmer que les ambitions de Donald Trump sur l’île arctique ne représentaient pas l’opinion publique américaine. « Quand vous demandez aux Américains s’ils pensent que c’est une bonne idée que les Etats-Unis acquièrent le Groenland, la grande majorité, environ 75 %, répondra : “Nous ne pensons pas que ce soit une bonne idée” », a affirmé la sénatrice républicaine Lisa Murkowski, membre de cette délégation de 11 parlementaires américains.
« Le Groenland doit être considéré comme notre allié, et non comme un actif », a ajouté Mme Murkowski. Le sénateur démocrate Chris Coons a également rappelé l’objectif de ce voyage : « Ecouter respectueusement nos amis (…) puis retourner aux Etats-Unis pour partager ces points de vue afin que nous puissions faire baisser la température et avoir un dialogue plus constructif sur la meilleure voie à suivre », a-t-il espéré.
Donald Trump, qui assure entretenir de bonnes relations avec le Danemark, répète que les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour leur sécurité nationale, pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique, et n’écarte pas un recours à la force pour s’en emparer.




