- Le procès de l’accident ferroviaire de Larissa, en Grèce, s’est ouvert ce matin.
- Mais des familles ont crié leur indignation dans la salle d’audience, dénonçant des conditions « insultantes ».
- De quoi contraindre la présidente de la Cour à ajourner l’audience au 1ᵉʳ avril prochain.
L’audience n’aura duré que quelques minutes. Le procès de l’accident de Tempé, pire catastrophe ferroviaire (nouvelle fenêtre) de l’histoire grecque, a ouvert ce lundi 23 mars dans la matinée à Larissa… avant d’être ajourné quelques instants plus tard. La raison ? Une salle bondée, qui a contraint des dizaines de personnes à rester debout faute de place.
« Vous avez assassiné nos enfants et vous nous traitez ainsi ! Honte à vous ! »
, ont en conséquence lancé des proches des victimes (nouvelle fenêtre) depuis la salle, ont constaté des journalistes de l’AFP présents sur place. « Nous sommes entassés comme des sardines ! »
La présidente de la Cour a fini par suspendre l’audience, dénonçant des conditions d’organisation telles « que l’on frôle les malaises »
. Pourtant, le procès avait déjà été déplacé à l’université de Larissa, le tribunal local étant trop petit.
Pour comprendre pourquoi le procès attise autant de tensions, il faut revenir au soir du 28 février 2023. Dans la vallée de Tempé, en Thessalie, dans le centre-est de la Grèce, un train de marchandises percute de plein fouet (nouvelle fenêtre) un convoi transportant quelque 350 passagers d’Athènes à Thessalonique. Les deux rames circulaient alors sur la même voie depuis plus de dix minutes sans qu’aucun système d’alarme pour les avertir ne se soit déclenché. Au total, 57 personnes sont décédées, des étudiants pour beaucoup, qui rentraient d’un week-end de carnaval.
Failles dans le réseau
D’autant que les jours qui ont suivi ont révélé de nombreuses failles dans le réseau ferroviaire (nouvelle fenêtre) grec, miné par des années de gestion déficiente, des systèmes de signalisation vétustes, une modernisation en retard de plusieurs années malgré des fonds européens alloués et des alertes répétées des syndicats.
Lundi, les cheminots du pays étaient d’ailleurs en grève, dans ce qu’ils ont appelé « un acte de mémoire collective, de protestation »
. Fin février, des dizaines de milliers de personnes étaient encore descendues dans les rues (nouvelle fenêtre) pour le troisième anniversaire du drame, qualifié de « traumatisme national »
par le Premier ministre d’alors, Kyriakos Mitsotakis.
« Il est triste de constater que trois ans après, personne n’est en prison »
, a dit Pavlos Aslanidis, président de l’Association des familles de victimes. Autre sujet qui alimente les tensions : aucun responsable politique ne figure parmi les 36 accusés, par ailleurs tous absents à l’ouverture du procès ce lundi. Deux anciens membres du gouvernement Mitsotakis font l’objet de procédures, mais aucun n’a jamais comparu. De quoi valoir au camp conservateur du Premier ministre d’être accusé par l’opposition de couvrir les responsables de ce que beaucoup appellent en Grèce le « crime de Tempé »
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