lundi, juin 1

  • Les présidents français et rwandais vont inaugurer ce mardi à Paris un monument érigé à la mémoire des victimes du génocide de 1994.
  • C’est une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays.
  • En 2021, Emmanuel Macron avait reconnu la « responsabilité » de la France dans le génocide des Tutsi.

Le monument s’appellera L’Archive. Le président français et son homologue rwandais vont l’inaugurer ce mardi 2 juin après-midi à Paris, en hommage aux victimes du génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda, a annoncé l’Élysée. « Érigé sur les bords de Seine à l’initiative de l’État et de la mairie de Paris (…), ce mémorial a été conçu par l’artiste Grada Kilomba comme un lieu de recueillement, en souvenir des disparus, et de transmission intergénérationnelle de la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda », a affirmé la présidence française dans un communiqué.

« Processus mémoriel »

Emmanuel Macron et Paul Kagame prendront la parole en clôture d’une cérémonie au cours de laquelle doivent aussi s’exprimer le maire de la capitale Emmanuel Grégoire et une rescapée du génocide, Jeanne Uwimbabazi. Le musicien et écrivain franco-rwandais Gaël Faye lira un poème d’une autre auteure franco-rwandaise, Beata Umubyeyi Mairesse, elle-même rescapée du génocide.

« Cette cérémonie poursuit le processus mémoriel et de réconciliation engagé depuis plusieurs années entre la France et le Rwanda fondé sur le dialogue, un travail conjoint de recherche et de vérité, la reconnaissance des responsabilités de la France par le président de la République lors de sa visite au Rwanda en mai 2021, une action déterminée dans le domaine de l’éducation et une intensification des efforts de justice contre les responsables du génocide », a expliqué l’Elysée.

800.000 morts en 1994

Cette cérémonie est une nouvelle étape dans le « processus de réconciliation » entre la France et le Rwanda, amorcé en 2021, souligne la présidence. En visite à Kigali, Emmanuel Macron avait alors déclaré être venu « reconnaître » les « responsabilités » de la France dans le génocide, qui a fait au moins 800.000 morts, essentiellement membres de la minorité tutsi, entre avril et juillet 1994. Il avait précisé que Paris n’avait « pas été complice » des génocidaires hutu, et n’avait pas présenté d’excuses, tout en disant espérer le pardon des rescapés.

Mais ses mots avaient scellé un rapprochement avec Paul Kagame, qui n’avait eu de cesse de mettre en cause la France. Cette question du rôle français avant, pendant et après le génocide a été un sujet brûlant pendant des années, conduisant même à une rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali entre 2006 et 2009. 

Après l’inauguration du mémorial ce mardi, Emmanuel Macron et son homologue participeront à un dîner officiel au palais présidentiel, alors que le rôle du Rwanda dans le conflit en République démocratique du Congo voisine, où il soutient les rebelles du M23, a pu ralentir un plus grand rapprochement ces dernières années. Le président français a toutefois plusieurs fois affirmé vouloir continuer à parler aux dirigeants rwandais comme congolais, et a plusieurs fois tenté de jouer un rôle de facilitateur entre les deux pays des Grands Lacs.

F.Se avec AFP

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