samedi, avril 11

L’automobiliste soupçonné d’avoir provoqué la mort du gendarme Éric Comyn en août 2024 à Mougins (Alpes-Maritimes) est renvoyé pour « meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique » et « refus d’obtempérer » devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes, a appris BFM de sources concordantes, confirmant une information d’Europe 1. On ne connaît cependant pas encore la date à laquelle ce procès sera audiencé.

Ce choix des juges d’instruction dans le dossier est conforme aux attentes des proches de la victime. « Ils accueillent cette décision avec satisfaction. La prochaine étape sera de se préparer pour le procès d’assises », nous indique Me Pauline Ragot, l’avocate des membres de la famille d’Éric Comyn ainsi que de certains de ses collègues.

Le 26 août 2024, le gendarme et ses collègues effectuent un contrôle routier sur l’autoroute A8 au niveau de Mougins lorsqu’un chauffard se déporte sur la file de droite de la bretelle de sortie et percute de plein fouet Éric Comyn, le tuant sur le coup. Le suspect avait ensuite pris la fuite avant d’être interpellé quelques heures après et testé positif à l’alcool.

Contactée, l’avocate de la défense Me Marie Seguin n’a pas souhaité commenter cette décision. Elle nous indique simplement avoir fait appel de ce renvoi.

Débat autour de l’intention de donner la mort

Pendant la procédure, l’avocate souhaitait que son client soit jugé pour « homicide routier », un chef qui fait encourir 7 ans d’emprisonnement et qui ne retient pas l’intention de donner la mort: en garde à vue, l’homme a soutenu qu’il n’avait pas vu le gendarme sur le chaussée et qu’il a été « pris de panique » après l’avoir renversé, prenant ensuite la fuite. Ce chef d’homicide routier n’a finalement pas été retenu au profit de celui de « meurtre », qui fait encourir au mis en cause la réclusion criminelle à perpétuité.

Un choix des juges d’instructions que « salue » a contrario l’avocate de la famille d’Éric Comyn. « Tuer un gendarme est l’un des actes criminels les plus graves de notre état de droit. Il ne doit pas être jugé sous une autre qualification », insiste Me Pauline Ragot, qui parle du suspect comme d’un « multi-récidiviste au parcours criminogène vertigineux, dont la dangerosité exsude des éléments du dossier ». « Son intention meurtrière ne fait aucun doute », affirme-t-elle.

Dans leur ordonnance de mise en accusation, les juges d’instruction ont eux aussi considéré qu’Éric Comyn était parfaitement visible du point de vue du mis en cause avant qu’il ne le percute, d’autant qu’il effectuait des mouvements à l’aide d’une lampe allumée et portait un gilet réfléchissant. Par ailleurs, toujours selon les enquêteurs, il ressort des témoignages comme des expertises que le suspect a accéléré en direction du gendarme et n’a pas tenté de dévier de sa trajectoire alors qu’il lui fonçait dessus.

Article original publié sur BFMTV.com

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