Reportage dans la bande de Gaza, Ferial Abdu, avec Guilhem Delteil du service international de RFI
Selon l’accord de cessez-le-feu, le quartier d’Al Tuffah dans la ville de Gaza se trouve à proximité de la ligne jaune mais il fait partie des zones accessibles aux Palestiniens. Pourtant Moustapha Salah et sa famille n’ont pas pu rester.
« Nous avions rénové certaines de nos maisons et nous y étions installés, mais face à l’intensification des bombardements de l’armée d’occupation israélienne, nous avons été contraints de partir. Le lendemain, nous avons été horrifiés de constater que l’armée, avec l’aide de ses milices alliées, avait entièrement rasé ce quartier résidentiel », relate-t-il.
Moustapha Salah est alors parti s’installer dans la ville voisine de Shuja’iya. Mais la ligne de démarcation s’est rapprochée, raconte-t-il. « La ligne jaune s’est nettement avancée et se trouve désormais tout près de l’entrée du quartier d’Al-Tuffah. Elle est très proche. »
À lire aussiGaza: le Hamas accuse Israël d’avoir déplacé la «ligne jaune» réduisant le territoire palestinien
Un danger toujours présent
À Shuja’iya, Moustapha Salah n’est toujours pas en sécurité. Il raconte des explosions quotidiennes le soir, des tirs intermittents la nuit. Et même dans la journée, le danger est présent, précise Abdullah Hassouna, un autre résident de la ville.
« J’évite les routes principales. Je marche dans les ruelles et les rues plus petites, en contournant les décombres et les maisons détruites. Pour éviter les avions et les drones, je reste à l’écart des zones dégagées. Ça rend le trajet plus long et plus difficile », souligne Abdullah Hassouna.
Pourtant, ce père de famille est contraint de sortir et de s’exposer aux tirs de l’armée israélienne. « Il n’y a pas d’eau et nous devons marcher longtemps pour aller en chercher. La nourriture aussi est rare. Nous vivons chaque nuit sans électricité. Pour recharger nos téléphones, nous devons encore marcher longtemps », ajoute Abdullah Hassouna.
Dans cette zone, l’aide est rare. En raison des dangers, « les organisations internationales et les agences humanitaires craignent de s’en approcher », indique Moustapha Salah.
À lire aussiBande de Gaza: la «ligne jaune», un «cauchemar pour tous les Palestiniens»




